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Miami vice
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[Critique & vidéo] Miami Vice (Deux flics à Miami), de Michael Mann


Pirates des CaraĂŻbes
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[Critique & vidĂ©o] Pirates des CaraĂŻbes 2, pirates d’eau douce

[Critique] La science des rĂŞves, de Michel Gondry

[VidĂ©o & Critique] Montag, d’Ulrich Köhler : leçon de style

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[Critique & vidéo] Miami Vice (Deux flics à Miami), de Michael Mann

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ActualitĂ©s, Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Miami Vice, Michael Mann, Deux flics Ă  Miami - le 20 aoĂ»t 2006 à 18h06

A la sortie de la salle, Jean-Baptiste Thoret, Nicole Brenez et autres spĂ©cialistes du cinĂ©ma de genre amĂ©ricain, louaient tous le dernier film de Michael Mann, propulsĂ© blockbuster de l’Ă©tĂ©. Pas dĂ©sagrĂ©able, long mais tendu, Miami Vice vaut surtout pour ses scènes d’action. Je me demandais dĂ©jĂ  pendant le braquage de Heat comment les dĂ©tonations pouvaient avoir un son si brutal, si proche. TournĂ©es en HD, les images impressionnent, donnent Ă  voir l’immĂ©diatetĂ© de l’action et s’inscrivent Ă  mi-chemin entre le reality show des polices amĂ©ricaines et le pur documentaire.

Le plus frappant, c’est la tendance qu’a Mann de faire de ses acteurs de vrais héros modernes, et ainsi de faire basculer son récit vers la tragédie antique. Dans une des dernières scènes, Gong Li, déifiée par un coucher de soleil, s’éloigne sur son bateau le cœur brisé. Colin Farrell rentre quant à lui à l’hôpital pour y retrouver ses proches, retour au foyer attendu, plan très fordien qui vient conclure le film.

Le point le plus faible reste la relation sentimentale entre ces deux-là. Quand Gong Li en femme d’affaires mafieuse finit par céder comme une collégienne au charme de Colin Farrell, on n’y croit tout simplement pas. Il faut alors fermer les yeux sur leur idylle grotesque, pour apprécier ce film finalement très enlevé.

Mikael Gaudin-Lech

Site officiel

Miami vice, la série

[Critique & vidĂ©o] Pirates des CaraĂŻbes 2, pirates d’eau douce

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ActualitĂ©s, Critique, VidĂ©o, Gore Verbinski, Disney - le 4 aoĂ»t 2006 à 11h11

Ca y est, je m’y suis collĂ© ! La première tentative, hier, n’avait pourtant pas Ă©tĂ© fructueuse pour la simple raison que les deux salles d’OdĂ©on Ă©taient complètes. Vous savez combien je suis consciencieux et zĂ©lĂ©, j’y suis donc retournĂ© aujourd’hui, me disant que ce serait - au pire - un moment divertissant.

Bilan des courses ? Un pirate lĂ©gèrement effĂ©minĂ©, une jeune aventurière dĂ©guisĂ©e en moussaillon, monsieur Pieuvre, monsieur Requin, monsieur Bernard-l’hermite, j’en passe et des meilleures. Tout ce petit monde se cĂ´toie joyeusement, se chamaille et se reconcilie dans un mĂŞme Ă©lan. On ne croit jamais trop Ă  l’histoire. Tout paraĂ®t si grotesque que les personnages eux-mĂŞmes font mine d’en rire. Pirates des CaraĂŻbes est une fable tout droit sortie d’une tĂŞte de Disney qui s’est dit : on met de cĂ´tĂ© Peter Pan, mais on garde Capitaine Crochet, on met deux trois bestioles qui font un peu peur, un anti-hĂ©ros un peu dĂ©calĂ©, un mĂ©chant, un belle, et le tour est jouĂ©.

Ensuite la petite tĂŞte de Disney va voir Gore Verbinski (le rĂ©alisateur) et lui demande d’en tirer un truc sympa, avec des blagues, de l’aventure, etc. Gore se dit que, tant qu’Ă  faire, il n’est pas Ă  un pirate près. Il en a dĂ©jĂ  signĂ© un, et n’est pas mĂ©content d’en faire deux autres puisqu’après tout, ça marche ! D’un autre cĂ´tĂ© il se dit que ces histoires de Pirates, plus personnes n’y croit. Alors malin qu’il est, il se dit que ses pirates non plus ne croiront plus en rien : il invente… des pirates nihilistes, et Ă©chaffaude autour d’eux des thèses complĂ©tement post-modernes Ă©laborĂ©es dans un esprit docte et malin !

Alors voilĂ , l’idĂ©e c’est que le Pirate (Johnny) est gay, que la fille (Keira) est lesbienne, qu’entre les deux ça chauffe un peu, elle aime la femme en lui, et lui l’homme en elle. C’est de la Queer theory pure et simple, et ça marche super bien ! Keira est libĂ©rĂ©e juste avant le mariage, libre du coup d’Ă©chapper aux conventions, de ranimer son cĂ´tĂ© sauvage ! Et Johnny l’attend, il n’en peut plus de brasser l’air avec ses mains, de jouer au junky gay un peu paumĂ©, mais quand mĂŞme gĂ©nial. Le petit Orlando dans tout ça ne comprend rien Ă  rien, lui qui en Ă©tait restĂ© Ă  ChrĂ©tien de Troyes, Ă  agiter son Ă©pĂ©e dans tous les sens et Ă  se dire prĂŞt Ă  tout pour sauver sa belle. Trop con le mec ! Pendant ce temps, les deux autres se font les yeux doux, enfin façon de parler, ils se font des coups tordus, mais c’est bien leur style, c’est ça qu’ils aiment. Faire les pirates !

Et Gore ne s’arrĂŞte pas en si bon chemin. Revisitant allègrement tout un pan de la littĂ©rature fantastique, il dĂ©montre au passage une belle facultĂ© de synthèse. Capitaine Nemo revu façon Monsieur-Pieuvre-Capitaine-des-mers s’Ă©puise sur une orgue - c’est 20 000 lieues sous les mers qui se mort la queue, le maĂ®tre et la crĂ©ature rĂ©unis en un seul ĂŞtre. Le Trickster Ă  Hollywood a de beaux jours devant lui. Tout ramène finalement Ă  une petite mythologie de pacotille, avec sa grande tribu de gueules de poissons, ses hĂ©ros Ă  deux faces, et ses mĂ©chants univoques.
Le film est dĂ©finitivement trop ennuyeux pour qu’on en dise davantage. Cela suffit comme ça. Quittons-nous sur ces quelques phrases extraites des Travailleurs de la Mer, qui mettront tout le monde d’accord et me dispenseront de commenter le misĂ©rable face Ă  face entre Johnny et la pieuvre sur lequel se clĂ´t pratiquement Pirates 2 :

“Brusquement une large viscuositĂ© ronde et plate sortit de dessous la crevasse. C’Ă©tait le centre ; les cinq lanières s’y rattachaient comme des rayons Ă  un moyeu ; on distinguait au cĂ´tĂ© de ce disque immonde le commencement de trois autres tentacules, restĂ©s sous l’enfoncement du rocher. Au milieu de cette viscositĂ© il y avait deux yeux qui regardaient.

Ces yeux voyaient Gilliatt.

Gilliatt reconnut la pieuvre.”Victor Hugo, 1866

La meilleure rĂ©ponse Ă  une image travestie restera toujours l’imagination.

Matthieu

Site officiel du film

[Critique] La science des rĂŞves, de Michel Gondry

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ActualitĂ©s, Critique, VidĂ©o, Paris Cinema 2006, Forum des images, Rencontres du cinĂ©ma 2006, Michel Gondry, La Science des RĂŞves, Bande-annonce - le 4 juillet 2006 à 16h04

Est-il possible de formuler un avis esthétique, d’émettre une opinion articulée et rationnelle sur un rêve ? Le rêve, c’est cette machine à fantasmes et parfois délires interprétatifs, cet ouvroir de désirs autant que de retours à soi, ces tréfonds qui nous soutiennent ou nous plongent dans la plus étrange perplexité. Si on part du postulat que La science des rêves est un gigantesque rêve éveillé, généré par l’étourdissant jeu de Mécano qu’est le cerveau de Michel Gondry, qu’en penser ? Essayons…

science des reves

Le personnage interprété par Charlotte Gainsbourg, formidable en bricoleuse-rêveuse, dit à un moment que le hasard - et donc le rêve - est ce qu’il y a de plus difficile à reconstituer. C’est ce qu’on se dit tout au long de ce film qui n’a pourtant rien du bricolage improvisé mais tient bien du projet raisonné et souvent ambitieux dans sa forme, à défaut de nous proposer une histoire suffisamment charnue. En effet, Gondry nous soumet ici un trip assez longuet, qui accuse parfois de conséquentes baisses de rythmes. Le personnage de Stéphane (Gabriel Garcia Bernal) est une incarnation limpide de Gondry, sorte de personnage lunaire, tout à la fois égaré dans le monde des adultes mais bien déterminé à aller au bout de ce que son imagination lui dicte. Il tombe amoureux de sa voisine mais se perd dans l’indécision, ce qui complique évidemment les choses et suscite les multiples chicanes du scénario. L’histoire du film est universelle, vieille comme le monde, mais on sait bien que le cinéma n’est que la réinvention permanente de thèmes usés jusqu’à la corde. Mais, à l’inverse d’Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, l’histoire sert ici de prétexte à de fréquentes envolées fantasmatiques, en est le véhicule (pretexte ou véhicule ?). C’est là que le bât blesse un peu : Charlie Kaufman avait su construire un univers narratif au sein duquel Gondry se coulait avec subtilité, trouvant dans Jim Carrey un surprenant alter ego. Mais le brio technique ne l’emportait pas, on restait sur une ligne de flottaison équilibrée entre cette histoire d’effacement de souvenirs amoureux (sous forme d’un génial puzzle) et les effets spéciaux. Dans La science des rêves, c’est précisément l’inverse : la trame est plutôt ténue - parfois même tirée par les cheveux - les scènes dites de « prise de vue réelle » opérant comme lances de rampement aux scènes de fantasmes, rêves, cauchemars, jeu, le tout en direct sur Stéphane TV ! Ce plateau de télévision en coquilles d’oeufs, n’est-ce pas finalement le tribut que Gondry paie à ce joyeux terrain d’expérimentations que fut pour lui le vidéo clip ? D’ailleurs, qui connaît bien ses travaux antérieurs aura parfois l’impression d’une gigantesque compilation des meilleurs effets spéciaux bricolés pour imaginer les White Stripes (clip) ou dans une moindre mesure Björk (clip). Pour les aficionados, on conseillera d’ailleurs les bonus du DVD The Work Of Director (2003), où le réalisateur explique ses méthodes de travail, plus proches de l’animation dite classique (trucages, ombres, illusion d’optique, surimpression) que des manipulations numériques contemporaines, ce qui rend son cinéma plastiquement passionnant. Dans La science des rêves, c’est comme si Gondry tombait dans l’impasse qu’il avait su éviter (ou limiter) dans son film précédent. On pourrait alors se demander ce qui différencie, au fond, Michel Gondry de Jean-Pierre Jeunet, Stéphane d’Amélie, les trucs déclinés dans des vidéo clips réussis de gimmicks déclinés en courts puis en longs métrages ? C’est cette fameuse distanciation vis-à-vis du réel qui trouble le plus, et qui, à la longue, crée un malaise. Comment s’identifier à un personnage tellement peu en phase avec ce qui l’entoure, et au final guère sympathique ? Côté casting, Gabriel Garcia Bernal est plutôt convaincant en doux ahuri velléitaire et un peu bêta (attention cependant à ne pas voir le film en VF, comme lors de l’éprouvante séance de Paris Cinéma). Les personnages secondaires, menés par un Chabat en roue libre (Miou-Miou se demande ce qu’elle fait là, Emma de Caunes disparaît très vite) ne nous aident pas davantage à nous investir dans une histoire écrite à la va-vite (par Gondry himself, plus doué pour les trouvailles formelles que pour la narration, l’articulation de scènes, la progression).
Bref, La science des rêves est un bel objet décoratif, très bien fichu, mais un peu décevant pour un retour au pays…

Benoît Hické

Infos

Le site du film

Le site (non officiel) de Michel Gondry

[VidĂ©o & Critique] Montag, d’Ulrich Köhler : leçon de style

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ActualitĂ©s, Critique, VidĂ©o, DĂ©bat, Paris Cinema 2006, Cinema allemand, Festival de Berlin 2006, Forum des images, Ulrich Köhler - le 3 juillet 2006 à 12h12

Hier soir j’ai vu Montag d’Ulrich Köhler et je vous propose de suivre ici en vidĂ©o le dĂ©bat qui a suivi sa projection dans le cadre du Festival Paris CinĂ©ma.

J’ai aimĂ© Montag, j’ai mĂŞme voulu l’aimer. D’abord pour son silence et la grande Ă©conomie qu’il fait Ă  la fois des dialogues et de la musique, toujours utilisĂ©e avec parcimonie. Ensuite pour son corps, je veux dire pour l’Ă©paisseur de ses couleurs, l’immanence de ses personnages, l’impĂ©nĂ©trabilitĂ© de ses obscuritĂ©s et de ses brumes. Ulrich Köhler inscrit chacun de ses plans dans un lieu, un temps, une humeur qui Ă©chappent constamment Ă  la narration et invitent Ă  la digression : dans le noir on se demande, oĂą va-t-elle ? Que pense-t-elle ? On erre aussi. Mais on se dit c’est beau, que l’errance de cette femme - mĂŞme si elle n’est pas neuve et hante toute l’histoire du cinĂ©ma moderne - cette errance-lĂ  est belle. Mieux, on la comprend. Peut-ĂŞtre parce qu’on est europĂ©en, et qu’on a la tĂŞte remplie de ces films oĂą les personnages sous-jouent leur mal-ĂŞtre, sourient du bout des lèvres et toujours achoppent dans leur histoire sur un irrĂ©mĂ©diable Ă©chec. De La Notte Ă  Ascenseur pour l’Ă©chaffaud (toujours Jeanne Moreau). Mais surtout La Notte, pour son sens du silence saturĂ© et son amour des lieux habitĂ©s : forĂŞts ou building, building dans la forĂŞt. La bonne synthèse. Dans Montag la camĂ©ra coule avec pas mal de classe, traĂ®ne sa mĂ©lancolie sourde en l’enrobant de couleurs, de petits airs mĂ©chants, de blagues et de frustrations. Et rien ne transpire l’effort, l’intention, ni mĂŞme la construction (indice 1 - au moins une chose qui sĂ©pare cette prĂ©tendue nouvelle vague allemande d’un certain cinĂ©ma français).

C’est qu’il n’est pas possible de faire un tel film sans faire montre d’un grand style. Il ne suffit pas (indice 2 pour un cinĂ©ma allemand) de reprendre les mĂŞmes ingrĂ©dients (la jeune famille bourgeoise, du doute et de l’adultère) pour forcĂ©ment faire un bon film, subtil et comme on dit enlevĂ©. ll faut inspirer. C’est simple dit comme ça, et il faut se creuser la tĂŞte pour savoir exactement pourquoi on veut aimer le film, pourquoi il nous touche finalement au-delĂ  de ses imperfections. Moi je ne sais pas, je tente l’inventaire, histoire de faire le point :

1. Les sĂ©quences du dĂ©but dans l’obscuritĂ© : la femme quitte le domicile conjugal et s’en va rĂ©cupĂ©rer sa fille chez les grands-parents. Mais elle n’y va pas, elle s’arrĂŞte devant puis poursuit sa route. Tout ça dans le noir. Si bien qu’on est un peu perdu, mais que cette perte n’a rien d’inquiĂ©tant. C’est une pause mais pas un temps mort. On entre de plein pied dans la matière du film, qui s’amuse comme ça Ă  nous balader et nous laisser sans repère. Ce qui arrange bien et donne au film un cĂ´tĂ© non pas mystĂ©rieux mais intime. Et lĂ  dans cette obscuritĂ©, on est bien…

2. Cet hĂ´tel perdu dans la forĂŞt offre un huis clos idĂ©al Ă  l’errance nocturne de l’hĂ©roĂŻne Ă©garĂ©e. Dès le premier plan, le bâtiment apparaĂ®t comme s’il s’agissait d’un personnage Ă  part entière. Elle prend le tĂ©lĂ©phĂ©rique, jette un coup d’oeil sur sa gauche, et l’hĂ´tel est lĂ . Il la regarde. Il l’attend. Elle va le rejoindre c’est sĂ»r, juste le temps d’arriver en haut et de redescendre en vĂ©lo, pas mĂŞme le temps d’un plan Ă  vrai dire, car l’instant d’après elle est au pied de l’hĂ´tel, elle s’avance dĂ©jĂ  vers lui.

3. Alors l’hĂ´tel. Instant de grâce. Pas mal de scènes vĂ©ritablement improbables. Encore La Notte qui plane, habits de soirĂ©es, alcools, piscine, des hĂ´tes qu’on achète, des rencontres dans les couloirs et les chambres, bref une belle dose d’aventure. Au milieu de tout ça, un peu comme Arno dans Komma, Ili Nastase qu’on attendait pas lĂ . Qui fait sa demo de tennis, et puis le vieux charmeur dĂ©sabusĂ©. C’est cette stratĂ©gie du dĂ©tournement permanent qui sĂ©duit, toutes ces scènes improbables qui sont autant d’accidents de scĂ©nario savamment distillĂ©s. Petits et savoureux.

Aller c’est le grand reproche que je veux faire au film. La recette de l’achoppement, ou faire en sorte qu’à chaque fois l’histoire entre les personnages n’aille jamais au bout, soit déjà compromise avant même d’être commencée. Comme si cela ne valait pas la peine. C’est tellement systématique que ça tient de la recette, et à cet égard pour moi la dernière scène est de trop. On se dira génial la dernière scène – et d’ailleurs ça s’est dit, c’est fin et tout, je ne sais pas trop quoi d’autre. Mais non, c’est facile, facile de faire des trucs mous comme ça. De faire du coup un film bien tenu, ayant une belle gueule et un vrai caractère, mais d’un autre côté un peu mou. Bon je sais le film-symptôme, comme on faisait des films symptômes dans les années 60, un film malade sur une maladie contemporaine, douce, mélancolique, faite d’impuissance et de doute (Lost in translation en tête de gondole). Mais on peut dire aussi : film convenu, fait de ce qui traîne autour. Facile de dire ça mais c’est une impression qu’on a avec ces films allemands, tant ils se ressemblent finalement. Le sexe consommé, les petites tromperies, les grands doutes, les sacrifices, le renoncement, tout ça dans des huis clos, à la maison ou l’hôtel. On couche et découche, mais on pleure jamais. Pour ça il y a le silence, c’est plus poli et moins gênant.
Matthieu

Critique (Arte)

Festival de La Rochelle ; Paris cinéma

Les films allemands Ă  Cannes

Les films allemands aux Rencontres du cinéma

Le printemps allemand vu par les Cahiers

[Vidéo] Déjeuner avec Fanny Valette

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ActualitĂ©s, Interview, VidĂ©o, InĂ©dit, Changement d'adresse, Emmanuel Mouret, Fanny Valette - le 23 juin 2006 à 16h04

C’est autour d’un bon hamburger que Cinelogs a rencontrĂ© la dĂ©licieuse Fanny Valette, l’actrice principale de Changement d’adresse d’Emmanuel Mouret. Elle revient dans cette première partie sur sa rencontre avec le rĂ©alisateur et sa perception du personnage qu’elle interprĂ©te dans le film, Julia.

Retrouvez sur Cinelogs la critique du film et sa présentation à la Cinémathèque, lors de son avant-première.

[VidĂ©o] PrĂ©sentation de “Changement d’adresse” d’Emmanuel Mouret, le dernier film du “fils d’Eric Rohmer et de Fernandel”…

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VidĂ©o, Quinzaine des RĂ©alisateurs Cannes 2006, Changement d'adresse, Emmanuel Mouret - le 21 juin 2006 à 13h01

Changement d’adresse est un film qui sort aujourd’hui - 21 juin - en salles et qui retrace sur un ton burlesque et lĂ©ger les pĂ©rigrinations amoureuses d’un jeune homme. C’est le troisième film d’Emmanuel Mouret, après notamment le subtil et irrĂ©sistible “VĂ©nus et Fleur”.

La vidĂ©o que nous vous proposons a Ă©tĂ© tournĂ©e lors de la projection du film en avant-première Ă  la CinĂ©mathèque française et vous pourrez entendre au dĂ©but de cette prĂ©sentation l’appel de son directeur Serge Toubiana Ă  envoyer tous les Ă©lĂ©ments qui peuvent nourrir ce musĂ©e vivant du cinĂ©ma !

C’est cependant le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la Quinzaine des rĂ©alisateurs, Olivier Père, qui prĂ©sente le film. Rien d’Ă©tonnant, le film Ă©tait sĂ©lectionnĂ© cette annĂ©e.

Emmanuel Mouret est entourĂ© dans le film de deux charmantes actrices, FrĂ©dĂ©rique Bel et Fanny Valette. Vous pourrez très prochainement retrouver l’interview de Fanny Valette sur cinelogs, mais vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ  consulter la critique du film par Nicolas.

[Vidéo] Shalimar Preuss - Exposition Panorama 7, au Fresnoy

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VidĂ©o, Le Fresnoy, Panorama 7, Shalimar Preuss, Art contemporain, VidĂ©aste - le 16 juin 2006 à 01h01

Studio National des arts contemporains, Le Fresnoy est un centre de crĂ©ation et d’exposition qui soutient les artistes non seulement en produisant leur oeuvres, mais Ă©galement en offrant les conseils avisĂ©s d’artistes de renommĂ©e internationale tels que Gary Hill, Bruno Dumont ou encore Andrea Cera.

Panorama est un rendez-vous annuel prĂ©sentant l’ensemble des productions du Fresnoy au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e. Cette manifestation propose au public de la crĂ©ation contemporaine ainsi qu’aux professionnels, aussi bien des oeuvres destinĂ©es aux espaces d’exposition que des films et des vidĂ©os, ou des spectacles vivants (théâtre, danse, performances).

De passage pour l’exposition Panorama 7, j’ai choisi de m’intĂ©resser essentiellement Ă  l’installation de Shalimar Preuss, Les Loups.

La vidĂ©o que vous pouvez consulter sur cinelogs comporte nĂ©anmoins deux plans : au premier, l’installation de Shalimar, au second l’installation de Cyprien Quairiat - Salle d’attente. Chacune des installations renvoie de façon nĂ©cessairement arbitraire et caricaturale Ă  un Ă©tat de l’art contemporain et aux conditions de sa rĂ©ception.

Les Loups de Shalimar Preuss invite Ă  une expĂ©rience intime et mystĂ©rieuse, faite d’apparitions, d’images tremblantes et de visages Ă©bahis. Le film se construit Ă  la fois sur le champ (une jeune femme flotte comme en apesanteur, Ă©clairĂ©e par instants Ă  l’allumette) et le hors-champ (l’objet de la crainte ou de la fascination, de la jeune fille). Le dĂ©sir trouve ainsi dans la peur son contrepoint idĂ©al, et ne cesse ainsi de grandir.
PrĂ©sentation de l’installation (extraite du catalogue de Panorama 7)

La traversĂ©e d’une forĂŞt oĂą se croisent et se dĂ©croisent les pâles rayons de lune.

Une jeune femme qui Ă©loigne les loups Ă  coups d’allumettes.

Prendre appui sur la continuitĂ© du son pour avancer Ă  bâtons rompus Ă  l’image. Cette avancĂ©e sera cadencĂ©e en un accord parfait avec la respiration de la comĂ©dienne. Seule certitude quant au rĂ©sultat : cette action du souffle sur la cadence des images.

Et pour le reste : fouiller l’intervalle, l’abĂ®me, le battement, le blanc. Endurer. Et faire durer la turbulence, les cahots. S’arroger toute solution de continuitĂ©, suspension, ou temps d’arrĂŞt. Le mouvement comme substance Ă  stroboscoper : “We must be still and still moving” (TS Eliot, Four Quartets).
De translation en translation, cĂ©der Ă  la transformation en “des successions de catatonies et de prĂ©cipitations, de suspens et de flèches, des coexistences de vitesses variables, des blocs de devenir, des sauts par-dessus des vides, des dĂ©placements d’un centre de gravitĂ© sur une ligne abstraite, des conjonctions de lignes sur un plan d’immanence” (Deleuze et Parnet, Dialogues).
Jusqu’Ă  Ă©puisement ou rĂ©gĂ©nĂ©ration des images (fixes ou mouvantes ?), et en tous les cas : “Plus de formes mais des rapports cinĂ©matiques entre des Ă©lĂ©ments non formĂ©s” (Deleuze et Parnet, ibid).

Matthieu

PS : vous trouverez Ă©galement une autre critique dans L’humanitĂ©

[VidĂ©o] Entretien avec Jean-Charles Fitoussi Ă  l’occasion de la projection de son dernier film Ă  la CinĂ©mathèque 4/4

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Interview, Film de poche, VidĂ©o, InĂ©dit, Nocturnes pour le roi de Rome, Jean-Charles Fitoussi - le 14 juin 2006 à 10h10

Nocturnes pour le roi de Rome a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du festival Pocket films avec un Nokia 6630. Il s’agit du premier long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© avec un tĂ©lĂ©phone portable.

Auteur de plusieurs courts-mĂ©trages, notamment Le Dieu Saturne et d’un long-mĂ©trage remarquĂ© Les jours oĂą je n’existe pas, Jean-Charles Fitoussi signe avec Nocturnes son premier film en vidĂ©o. Il revient dans cet entretien sur les particularitĂ©s de l’image obtenue avec le tĂ©lĂ©phone mobile, sur ses paradoxes et ce qu’elle induit en terme de mĂ©thode de crĂ©ation et de production.

Au fil du dialogue s’esquisse la possibilitĂ© de faire des films autrement, sans plans prĂ©-Ă©tablis et pour tout dire avec les moyens du bord. Mais des films qui tiennent le coup, qui comme celui de Jean-Charles Fitoussi attestent d’une rĂ©elle ambition et d’un rĂ©el appĂ©tit pour ces images brutes et primitives. Ce film montre la voie, tout simplement. C’est la raison pour laquelle il nous paraĂ®t utile de revenir sur lui, sur son histoire et ses conditions de crĂ©ation, de manière Ă  mieux cerner les possibilitĂ©s d’un cinĂ©ma de poche. Pas un cinĂ©ma gadget mais un cinĂ©ma bricolĂ©, improvisĂ© du dĂ©but Ă  la fin, avec des images du quotidien et de l’intime, des images proches, Ă  portĂ©e de la main ou plutĂ´t engendrĂ©es par et dans la main. C’est le retour au geste initial, Ă  l’immĂ©diatetĂ© du mouvement de la main et de l’oeil. La main de l’oeil, c’est ça l’idĂ©e.

NOCTURNES POUR LE ROI DE ROME de Jean-Charles Fitoussi (1h17)
lundi 12 Juin à 19h30 salle Franju, Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, Paris 12

SYNOPSIS : Un vieux compositeur allemand est reçu à Rome, appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart, les dernières joies de sa vie - qu’il a tant aimée malgré les intempéries.

Les critiques :

Le Monde ; Variety ; Fluctuat ; Films de poche ; Cinelogs ; Cinelogs (anglais)

Retrouvez le programme de la retrospective des films de la Semaine de la critique

… et toutes les interviews et vidĂ©os consacrĂ©es de Jean-Charles Fitoussi sur Cinelogs

[VidĂ©o] Entretien avec Jean-Charles Fitoussi Ă  l’occasion de la projection de son dernier film Ă  la CinĂ©mathèque 3/4

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Interview, Film de poche, VidĂ©o, InĂ©dit, Nocturnes pour le roi de Rome, Jean-Charles Fitoussi - le 13 juin 2006 à 13h01

Nocturnes pour le roi de Rome a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du festival Pocket films avec un Nokia 6630. Il s’agit du premier long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© avec un tĂ©lĂ©phone portable.

Auteur de plusieurs courts-mĂ©trages, notamment Le Dieu Saturne et d’un long-mĂ©trage remarquĂ© Les jours oĂą je n’existe pas, Jean-Charles Fitoussi signe avec Nocturnes son premier film en vidĂ©o. Il revient dans cet entretien sur les particularitĂ©s de l’image obtenue avec le tĂ©lĂ©phone mobile, sur ses paradoxes et ce qu’elle induit en terme de mĂ©thode de crĂ©ation et de production.

Au fil du dialogue s’esquisse la possibilitĂ© de faire des films autrement, sans plans prĂ©-Ă©tablis et pour tout dire avec les moyens du bord. Mais des films qui tiennent le coup, qui comme celui de Jean-Charles Fitoussi attestent d’une rĂ©elle ambition et d’un rĂ©el appĂ©tit pour ces images brutes et primitives. Ce film montre la voie, tout simplement. C’est la raison pour laquelle il nous paraĂ®t utile de revenir sur lui, sur son histoire et ses conditions de crĂ©ation, de manière Ă  mieux cerner les possibilitĂ©s d’un cinĂ©ma de poche. Pas un cinĂ©ma gadget mais un cinĂ©ma bricolĂ©, improvisĂ© du dĂ©but Ă  la fin, avec des images du quotidien et de l’intime, des images proches, Ă  portĂ©e de la main ou plutĂ´t engendrĂ©es par et dans la main. C’est le retour au geste initial, Ă  l’immĂ©diatetĂ© du mouvement de la main et de l’oeil. La main de l’oeil, c’est ça l’idĂ©e.

NOCTURNES POUR LE ROI DE ROME de Jean-Charles Fitoussi (1h17)
lundi 12 juin à 19h30 salle Franju, Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, Paris 12

SYNOPSIS : Un vieux compositeur allemand est reçu à Rome, appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart, les dernières joies de sa vie - qu’il a tant aimée malgré les intempéries.

Les critiques :

Le Monde ; Variety ; Fluctuat ; Films de poche ; Cinelogs ; Cinelogs (anglais)

Retrouvez le programme de la retrospective des films de la Semaine de la critique…

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[VidĂ©o] Entretien avec Jean-Charles Fitoussi Ă  l’occasion de la projection de son dernier film Ă  la CinĂ©mathèque 2/4

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ActualitĂ©s, Interview, RĂ©alisateur, Film de poche, VidĂ©o, InĂ©dit, Nocturnes pour le roi de Rome, Jean-Charles Fitoussi - le 11 juin 2006 à 17h05

Nocturnes pour le roi de Rome a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du festival Pocket films avec un Nokia 6630. Il s’agit du premier long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© avec un tĂ©lĂ©phone portable.

Auteur de plusieurs courts-mĂ©trages, notamment Le Dieu Saturne et d’un long-mĂ©trage remarquĂ© Les jours oĂą je n’existe pas, Jean-Charles Fitoussi signe avec Nocturnes son premier film en vidĂ©o. Il revient dans cet entretien sur les particularitĂ©s de l’image obtenue avec le tĂ©lĂ©phone mobile, sur ses paradoxes et ce qu’elle induit en terme de mĂ©thode de crĂ©ation et de production.

Au fil du dialogue s’esquisse la possibilitĂ© de faire des films autrement, sans plans prĂ©-Ă©tablis et pour tout dire avec les moyens du bord. Mais des films qui tiennent le coup, qui comme celui de Jean-Charles Fitoussi attestent d’une rĂ©elle ambition et d’un rĂ©el appĂ©tit pour ces images brutes et primitives. Ce film montre la voie, tout simplement. C’est la raison pour laquelle il nous paraĂ®t utile de revenir sur lui, sur son histoire et ses conditions de crĂ©ation, de manière Ă  mieux cerner les possibilitĂ©s d’un cinĂ©ma de poche. Pas un cinĂ©ma gadget mais un cinĂ©ma bricolĂ©, improvisĂ© du dĂ©but Ă  la fin, avec des images du quotidien et de l’intime, des images proches, Ă  portĂ©e de la main ou plutĂ´t engendrĂ©es par et dans la main. C’est le retour au geste initial, Ă  l’immĂ©diatetĂ© du mouvement de la main et de l’oeil. La main de l’oeil, c’est ça l’idĂ©e.

Matthieu

NOCTURNES POUR LE ROI DE ROME de Jean-Charles Fitoussi (1h17)
lundi 12 juin à 19h30 salle Franju, Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, Paris 12

SYNOPSIS : Un vieux compositeur allemand est reçu à Rome, appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart, les dernières joies de sa vie - qu’il a tant aimée malgré les intempéries.

Les critiques :

Le Monde ; Variety ; Fluctuat ; Films de poche ; Cinelogs ; Cinelogs (anglais)

Retrouvez le programme de la retrospective des films de la Semaine de la critique

Et toutes les interviews, vidéos et articles consacrés à Jean-Charles Fitoussi sur Cinelogs

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