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[Vidéo & critique] Taxidermie, de György Pálfi

Archive pour la catégorie 'Taxidermie'

[Vidéo & critique] Taxidermie, de György Pálfi

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Actualités, Critique, Vidéo, Taxidermie, Bande-annonce, György Pálfi - le 8 septembre 2006 à 16h04

Taxidermie est une sorte de film-monstre, fondamentalement baroque, avec du sexe, de l’orgie, de l’horreur bref une image qui tend constamment du côté de la surenchère, qui ne se contente pas d’être brute mais aussi vulgaire, laide et choquante. Ce film n’a rien pour plaire et pourtant s’y dessine en filigrane les contours d’un discours fort et gonflé sur l’histoire de la Hongrie, de la Seconde guerre mondiale à l’ère post-soviétique. Sur trois générations, les hommes et leurs corps se tranforment : naissance dans la douleur et le fantasme, invention d’un homme nouveau qu’on goinfre à n’en plus pouvoir, et finalement évidement d’un corps non plus a réinventer mais à détruire. L’idéologie imprime sa marque sur un corps qui, pour avoir trop encaissé n’aspire plus qu’à la vacuité, au devenir-chose, comme s’il avait failli dans sa tâche, qu’être un homme était trop pour lui, trop dangereux en tout cas. Film-monstre, sur la monstruosité. Comme on dit un film très humain. Vous voyez. Comme la barbarie à visage humain. Le film-monstre c’est ça. C’est cette humanité-là, son bilan critique.

Site officiel du film

Autres sorties de la semaine : Le vent se lève de Ken Loach (palme d’or à Cannes) et Selon Charlie, de Nicole Garcia

Hamaca Paraguaya, de Paz Encina et Taxidermie, de György Palfi

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Actualités, Délire Critique, Festival de Cannes 2006, Critique, Un Certain Regard 2006, Hamaca Paraguaya, Paz Encina, Taxidermie - le 19 mai 2006 à 18h06

Les festivals acceuillent volontiers des films conçus presque seulement pour eux et leur audience si particulière. Ou peut-être doit-on appréhender la question dans l’autre sens, ce sont les festivals qui fabriquent les attentes et les bruits, guettent la moindre sensation et créent les modes.

Hamaca paraguaya

A leur manière, Hamaca Paraguaya et Taxidermie conviennent à merveille à Cannes. Hamaca lui apporte son sens l’épure, se fait l’étendard d’un cinéma d’amérique latine très composé, très conceptuel. C’est par excellence le film de festival ennuyeux bien qu’intéressant autour duquel l’espace d’un instant on se dit oui c’est fort (enfin dense plutôt que fort, cérébral quoi). Le sélectionneur lui-même s’est sans doute dit qu’il fallait le prendre pour sa radicalité, il avait sa place dans la sélection, bluff ou pas, ça n’était pas la question. Il y a je pense sans que ce soit vraiment dit, une sorte de quota pour de tels films, car ils ne peuvent exister qu’en festival, ou à la rigueur dans les musées. Cela dit il est bon qu’ils existent, qu’ils fassent ainsi la promotion non seulement d’un cinéma plus dur et plus élémentaire, mais également celle d’une autre expérience du cinéma et du temps, plus verticale qu’horizontale disons pour aller vite, où l’on attend rien. Où le but n’est pas d’attendre, mais de sentir.

Taxidermie

De manière totalement opposée, Taxidermie est une sorte de film-monstre, fondamentalement baroque, avec du sexe, de l’orgie, de l’horreur bref une image qui tend constamment du côté de la surenchère, qui ne se contente pas d’être brute mais aussi vulgaire, laide et choquante. Ce film n’a rien pour plaire et pourtant s’y dessine en filigrane les contours d’un discours fort et gonflé sur l’histoire de la Hongrie, de la Seconde guerre mondiale à l’ère post-soviétique. Sur trois générations, les hommes et leurs corps se tranforment : douleur et fantasme des premiers temps, invention d’un nouvel homme dans le second qu’on goinffre à n’en plus pouvoir, puis finalement évidemment du corps. L’idéologie imprime sa marque sur un corps qui, pour avoir trop encaissé n’aspire plus qu’à la vacuité, au devenir-chose, comme s’il avait failli dans sa tâche, qu’être homme était trop pour lui, trop dangereux en tout cas, trop irréaliste aussi de n’être finalement ni plus ni moins qu’un homme. Film-monstre, sur la monstruosité. Comme on dit un film très humain. Vous voyez. Comme la barbarie à visage humain. Le film-monstre c’est ça. C’est cette humanité-là, son bilan critique.

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