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[Critique] Pour aller au ciel il faut mourir, de Jamshed Usmonov

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ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, Un Certain Regard 2006, Paris Cinema 2006, Jamshed Usmonov, Pour aller au ciel il faut mourir - le 11 juillet 2006 à 14h02

Il y a deux ans aux Rencontres, Koktebel, fort et âpre, avait séduit.

Pour aller au ciel il faut mourir part moins dans une stylisation, type Le Retour, mais déploie d’autres qualités, une absence d’effets, une économie de la parole, une simplicité du cadre, qui en font un film plaisant, à défaut d’être émouvant.

Pour aller au ciel il faut mourir

L’argument du film en vaut un autre : un jeune type n’arrive pas à coucher avec son épouse, il part en voyage pour trouver une autre partenaire sexuelle, en attendant. Les petits riens, gestes infimes, jeux de regard, font le succès - discret - du film. Lorsque le mec suit une femme dans un train, une femme qui lui plaît. Assis au bar, il ne la regarde plus, alors la femme le jauge d’un coup d’œil. Par des touches comme celles-ci, justes et minuscules, Usmonov gagne son film.

Pendant une surprenante demi-heure, on ne suit rien d’autre que les déambulations silencieuses du jeune héros qui cherche une femme. D’un cimetière à une salle de ping-pong, d’un tatami au ballet des autobus, la caméra suit ses attentes, ses espoirs et ses déceptions, autant de micro-évènements qui passionnent jusqu’à la rencontre avec Dinara Droukarova, qu’on a plaisir à retrouver ici.

Toutes les séquences avec le bandit virent au polar, instaurent quelque chose d’autre, un climat, un mystère, une tension. En soi c’est un peu faible, mais le parti-pris de mise en scène s’impose de lui-même et convainc finalement. La caméra, proche et secrète, épouse l’intériorité massive du héros, s’attache en gros plan et sans profondeur de champ à son visage granitique, comme lorsqu’il rebrousse chemin, on reste sur lui, et c’est le virage du bateau qui exprime le basculement de la scène. En fait, c’est la confiance que Djamshed Usmonov porte dans la grandeur du visage de son acteur qui lui fait réussir son film.

Mikael Gaudin-Lech

Sortie le 4 octobre 2006

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Critique (Arte)

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