[Vidéo] Bonus : Amédé monte les marches
ComĂ©die, DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o, Bonus - le 31 mai 2006 à 00h12
La vidĂ©o est lĂ©gèrement surexposĂ©e lorsque l’on arrive sur la Croisette, mais c’est un vrai bonus : AmĂ©dĂ© court, il est en retard pour la projection officielle du film Le Caiman Ă 19h30 : arrivera, arrivera pas ? montera, montera pas les marches ? la suite, dans la vidĂ©o !
[Vidéo] Tout Cannes 2006 en 15 minutes
ComĂ©die, DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, AmĂ©dĂ©, Insolite, VidĂ©o - le 28 mai 2006 à 12h12
Inutile de lire toutes les critiques voire mĂŞme de se taper les navets car voici en moins de temps qu’il ne faut pour l’Ă©crire, l’essentiel du Festival de Cannes 2006 grâce au talent de critique et de conteur d’AmĂ©dĂ©, le critique en chef de Cinelogs.com.
Remerciements : Euro Sandwiches, 10 av. du Maréchal Juin, Cannes
[Vidéo] Le dilemme du critique
ComĂ©die, DĂ©lire Critique, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o - le 26 mai 2006 à 08h08
Mercredi, 17 heures, dans deux heures Marie-Antoinette sera projeté, Sofia Coppola et son équipe monteront les marches.
AmĂ©dĂ© n’a pas souhaitĂ© assister Ă la projection de presse et, entre vague Ă l’âme et visions oniriques, son jugement semble troublĂ©.
Idéalise-t-il beaucoup trop Sofia Coppola ? se ressaisira-t-il ? assistera-t-il à la projection du soir ? écrira-t-il une critique ?
Le cinéma de Sofia
ActualitĂ©s, DĂ©lire Critique, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, Sofia Coppola, Marie-Antoinette - le 25 mai 2006 à 18h06
Il faut dĂ©jĂ revenir sur Antoinette et son acceuil critique. Un critique de Variety compare le film Ă un bonbon, tandis que chez libĂ©ration Azoury ne se mouille pas trop, choisissant de tourner autour du pot et de relever quelques motifs rĂ©currents d’un film de Sofia Ă l’autre (la jeune fille triste qu’elle n’a jamais cessĂ© d’ĂŞtre). Tout le monde reprend ce faux dĂ©bat sur l’histoire, dĂ©bat initiĂ© par Sofia elle-mĂŞme qui - craignant d’emblĂ©e un mauvais acceuil - avait prĂ©venu que le film gĂŞnerait sans doute les français, peu disposĂ©s Ă voir leur histoire revue et corrigĂ©e par un Ă©tranger. Ce dĂ©bat sur l’histoire n’a pas lieu d’ĂŞtre our la simple raison qu’il n’a jamais Ă©tĂ© question d’histoire, que le film entier est conçu comme une succession de pastilles mulitcolores dĂ©tachĂ©es de leur contexte historique. Il tĂ©moigne en revanche d’une belle lâchetĂ© de la part de sofia, qui voit un problème lĂ oĂą il n’y en a pas. On ne lui reprochera jamais son inculture, cela n’est pas la question.
Protestation donc contre l’acceuil mou et bienveillant des critiques ayant vus le film avant Cannes, contre les textes mi-lard mi-cochon qui foisonnent aujourd’hui pour seulement compter les points, Ă©voquer les arguments pour contre, pour rien. Protestation contre le tiĂ©deur qu’inspire ce film, et avant lui dans une certaine mesure Lost in translation. L’heure n’est plus Ă la tiĂ©deur, mĂŞme si ce cinĂ©ma en produit naturellement. Il faut prendre le film et le prendre au sĂ©rieux, pas nĂ©cĂ©ssairement au premier degrĂ© (le quotidien pastel d’une princesse insouciante et rieuse), ni au second (le huis-clos, la solitude dorĂ©e, la dissonance qui pointe le bout de son nez). Rien, absolument rien ne peut quelque soit le degrĂ© d’interprĂ©tation jouer en faveur de ce film (un plan de dĂ©, une scène d’opĂ©ra ?…non), car il est dans son fond le dernier degrĂ© du cinĂ©ma subtile, le stade ultime d’un cinĂ©ma qui subtilise non plus un Ă©cran Ă un autre, mais bien l’Ă©cran Ă la fenĂŞtre, qui littĂ©ralement fait Ă©cran, s’envisage comme une suite de beau panneaux jouant comme autant de caches misère. Le cinĂ©ma de Sofia est un cinĂ©ma d’imagerie, vidĂ© de sa substance, sans chair ni âme, qui ne sait plus trop comment traiter l’image, et finalement la travestit faute de pouvoir l’habiter. Un cinĂ©ma de poupĂ©es - oui comme Ken et Barbie - qui ne rĂ©fĂ©re Ă rien d’autre qu’Ă un univers synthètique au moyen d’une forme Ă©galement synthètique, c’est Ă dire fabriquĂ©e et empruntĂ©e. C’est bien pour cela que d’autres la chantent, pour cette aptitude Ă assumer ce cĂ´tĂ© plastique trĂ©s post-moderne, Ă aller jusqu’au bout de son idĂ©e toujours fixe, immobile et quelque part sinistre. Oui le cinĂ©ma de Sofia est un symptĂ´me. C’est pour ça qu’il plaĂ®t, c’est pour ça qu’il m’inquiète.
Matthieu Chéreau
[Vidéo] Amédé, critique en fuite
ComĂ©die, DĂ©lire Critique, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o, InĂ©dit - le 24 mai 2006 à 01h01
Mardi, 17h, la Croisette. La rĂ©daction de Cinelogs est au ralenti. Son plus grand rĂ©dacteur, AmĂ©dĂ©, pape de la critique, n’a toujours pas adressĂ© son premier papier, concernant le film Summer Palace, de Lou Ye.
Toutes les équipes sont à sa recherche.
Voici le film de leurs impromptues retrouvailles.
[Vidéo] Dimanche 17 heures : Amédé, état critique
ComĂ©die, DĂ©lire Critique, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o - le 21 mai 2006 à 21h09
[Vidéo] Amédé au Carlton, esquissant deux critiques après la première mondiale de Halim
DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, Halim, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o - le 20 mai 2006 à 19h07
Pour la projection en première mondiale de Halim, ses producteurs egyptiens organisent une soirĂ©e sur la plage de l’hĂ´tel Carlton.
Amédé, qui a adoré le film, se sent définitivement chez lui dans cette ambiance orientale.
De son Ă©loquence vive, il esquisse, dans cette atmosphère dĂ©licieuse, succintement deux critiques, Ă suivre…
Red Road, d’Andrea Arnold
DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, Critique - le 20 mai 2006 à 15h03
Film pas facile, et en mĂŞme temps très appliquĂ©. Une femme travaille dans un centre de surveillance et passe ses journĂ©es Ă regarder les gens passer dans la rue. Parfois elle surprend un dĂ©lit, qu’elle signale aussitĂ´t. Mais c’est autre chose qui l’amène, on ne sait trop pourquoi, Ă suivre un homme. Tout le film se construit sur ce secret, sur le soupçon ou l’attirance. Dans ses pĂ©rĂ©grinations, la femme dĂ©couvre un nouvel espace, pĂ©riphĂ©rique et pauvre, jalonnĂ© d’imposantes barres d’immeubles. Un lieu extrĂŞmement austère d’oĂą Ă©mane une sourde violence. Peu Ă peu je ne veux plus savoir, le secret finalement devient accessoire, car le lieu prend le pouvoir, dĂ©finit les règles. Et la règle est simple : c’est la rĂ©tention. Chacun garde pour soi, son passĂ©, ses dĂ©sirs, ses expressions. Chacun reste au dedans et ne communique que par tentative, main tendue hĂ©sitante ou erruption de violence momentanĂ©e. Dans les centres de rĂ©tention que sont les tours d’immeubles, on reste terrĂ©s comme des rats, parfois on ouvre la fenĂŞtre mais alors c’est le vide qu’on sent. Se terrer ou sombrer, c’est ça l’alternative. Centre de rĂ©tention pour cette femme qui retient le souvenir de son mari et de son enfant morts et part s’enfermer dans les tours Ă la recherche du coupable, pour le faire payer. Le film s’ouvre sur la fin, sort de ces pièces closes et obscures, de ces images innombrables d’Ă©crans de surveillance, sors dans la rue tout simplement, car c’est dans la rue que tout recommence. Comme si le film ne faisait que commencer alors qu’il finit, qu’il n’avait Ă©tĂ© qu’un suspend, une parenthèse.
Matthieu
Hamaca Paraguaya, de Paz Encina et Taxidermie, de György Palfi
ActualitĂ©s, DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, Critique, Un Certain Regard 2006, Hamaca Paraguaya, Paz Encina, Taxidermie - le 19 mai 2006 à 18h06
Les festivals acceuillent volontiers des films conçus presque seulement pour eux et leur audience si particulière. Ou peut-ĂŞtre doit-on apprĂ©hender la question dans l’autre sens, ce sont les festivals qui fabriquent les attentes et les bruits, guettent la moindre sensation et crĂ©ent les modes.
A leur manière, Hamaca Paraguaya et Taxidermie conviennent Ă merveille Ă Cannes. Hamaca lui apporte son sens l’Ă©pure, se fait l’Ă©tendard d’un cinĂ©ma d’amĂ©rique latine très composĂ©, très conceptuel. C’est par excellence le film de festival ennuyeux bien qu’intĂ©ressant autour duquel l’espace d’un instant on se dit oui c’est fort (enfin dense plutĂ´t que fort, cĂ©rĂ©bral quoi). Le sĂ©lectionneur lui-mĂŞme s’est sans doute dit qu’il fallait le prendre pour sa radicalitĂ©, il avait sa place dans la sĂ©lection, bluff ou pas, ça n’Ă©tait pas la question. Il y a je pense sans que ce soit vraiment dit, une sorte de quota pour de tels films, car ils ne peuvent exister qu’en festival, ou Ă la rigueur dans les musĂ©es. Cela dit il est bon qu’ils existent, qu’ils fassent ainsi la promotion non seulement d’un cinĂ©ma plus dur et plus Ă©lĂ©mentaire, mais Ă©galement celle d’une autre expĂ©rience du cinĂ©ma et du temps, plus verticale qu’horizontale disons pour aller vite, oĂą l’on attend rien. OĂą le but n’est pas d’attendre, mais de sentir.
De manière totalement opposĂ©e, Taxidermie est une sorte de film-monstre, fondamentalement baroque, avec du sexe, de l’orgie, de l’horreur bref une image qui tend constamment du cĂ´tĂ© de la surenchère, qui ne se contente pas d’ĂŞtre brute mais aussi vulgaire, laide et choquante. Ce film n’a rien pour plaire et pourtant s’y dessine en filigrane les contours d’un discours fort et gonflĂ© sur l’histoire de la Hongrie, de la Seconde guerre mondiale Ă l’ère post-soviĂ©tique. Sur trois gĂ©nĂ©rations, les hommes et leurs corps se tranforment : douleur et fantasme des premiers temps, invention d’un nouvel homme dans le second qu’on goinffre Ă n’en plus pouvoir, puis finalement Ă©videmment du corps. L’idĂ©ologie imprime sa marque sur un corps qui, pour avoir trop encaissĂ© n’aspire plus qu’Ă la vacuitĂ©, au devenir-chose, comme s’il avait failli dans sa tâche, qu’ĂŞtre homme Ă©tait trop pour lui, trop dangereux en tout cas, trop irrĂ©aliste aussi de n’ĂŞtre finalement ni plus ni moins qu’un homme. Film-monstre, sur la monstruositĂ©. Comme on dit un film très humain. Vous voyez. Comme la barbarie Ă visage humain. Le film-monstre c’est ça. C’est cette humanitĂ©-lĂ , son bilan critique.
Summer Palace, de Lou Ye
ActualitĂ©s, DĂ©lire Critique, Festival de Cannes 2006, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, Summer Palace, Lou Ye - le 19 mai 2006 à 09h09
C’est la première séquence, les images se succèdent de manière heurtée, racontent une histoire sans cacher leurs ficelles. Un garçon et une fille, qui reçoit une lettre d’admission à l’université de Pékin, doit partir et forcément dire adieu, quitter son copain. Tout ça s’enchaîne de manière mécanique, presque trop. Et puis le plan-séquence se pose et change de visage. Là dans l’image se tient d’emblée quelque chose qui n’est plus de l’ordre de l’histoire. Ils baisent dans l’herbe une dernière fois, puis s’écartent l’un de l’autre un peu comme des étrangers. Voilà c’est fini. C’est dur. Juste là , on rentre dans une nouvelle dimension, l’histoire et son schéma un peu trop saillant se trouvent court-circuités. On touche d’emblée à la fulgurance. Première montée d’adrénaline, qui en annonce d’autres.
L’histoire d’une fille et d’un garçon, d’une bande autour d’eux, du je t’aime moi non plus, je te trompe mais je t’aime, on baise ensemble mais je te quitte, etc. etc. Rien que des histoires élémentaires, qui coulent de source et charrient allégrement leur poids de romanesque, de tragique, de mélancolie. Elémentaire cette envie, ce besoin de jouir et d’inventer simplement – qui n’en a jamais rêvé à 20 ans – une utopie à deux, une utopie de bande à part, loin de tout, qui va à l’essentiel. On trouve là la fougue et le désespoir d’un amour qu’on a déjà vu mille fois, mais qui – parce qu’il est conté de manière brutale, lyrique mais aussi bousculée, nous plonge dans une espèce de plaisir béa. Pas peur de dire que je marche, que dans l’excès de jeu et de plans, réside une profonde justesse. Dur d’expliquer ça, de faire parler cette certitude. C’est, comment dire, pas parce que cette fille nous parle, mais parce que perce à travers elle quelque chose d’une histoire vécue et restituée de l’intérieur. Non seulement ces personnages existent à l’écran, mais l’on sent que cette existence ne suffit pas, qu’elle déborde de tous les côtés, procède d’un passé encore ouvert, d’une mémoire toujours à vif, d’un désir étonnamment ardent, de tout ça à la fois, qu’elle est enfantée dans l’urgence et surtout la nécessité.
Alors bien sûr, d’autres dénonceront un certain maniérisme, pas mal de plumes qui volent dans le cadre, des vagues à l’âmes serrés de prés, des crises passionnelles. Evidemment. Mais aussi une construction un peu à la Wong Kar Wai, qui rappelle 2046 par son côté tarabiscoté et qui dans le même temps conserve une très forte unité à travers le voix, le monologue de cette fille, qui est un mélange de petits clichés et de subtiles pensées. Une actrice comme ça, qui pèse autant dans l’écran, habite en monstre un film qu’elle porte tout entier, une actrice comme ça existe c’est tout. Ni juste ni fausse, elle se contente de s’imposer de manière complètement arbitraire, qu’on aime ou non. Et puis de toute façon elle emporte la mise. C’est gagné d’avance.
Il faut revoir Summer Palace, aller puiser dans sa fougue, sa beauté et son amertume, accepter le parti pris d’une mélancolie toujours bousculée, malmenée par la petite et la grande histoire, brute et brutale. Accepter d’être balancé, de participer du grand vertige qui anime et porte tout le film.
Matthieu
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