Accueil Vidéos Critiques À propos Contacts english
Forum Moblog

Archive pour la catégorie 'Critique'

« Entrées précédentes

Casino Royale, un James Bond signé Martin Campbell

No comments

Critique, Bande-annonce, Casino Royale, Actuellement dans les salles - le 7 dĂ©cembre 2006 à 17h05

“Alors, qu’est-ce qu’il donne le nouveau James Bond ?”

Sous entendu : non pas le film (lot habituel de cascades, trahisons, sexe et champagne) mais la nouvelle figure donnĂ©e Ă  l’agent britannique, celle toute blonde et musclĂ©e de Daniel Craig, qui imprime une force brute sur cette sĂ©rie bien connue. Le Bond nouveau est devenu une sorte de puissance imparable qui fonce tĂŞte baissĂ©e dans les obstacles, prĂ©fĂ©rant user de ses poings plutĂ´t que de son fidèle silencieux. En choisissant un corps gonflĂ© Ă  la testostĂ©rone, les producteurs ont clairement voulu redistribuer les cartes et donner une nouvelle impulsion Ă  la sĂ©rie.

Ainsi, on retrouve 007 vierge de tout homicide dans un court prologue tournĂ© en noir et blanc. Ne vous inquiĂ©tez pas ; il ne va pas tarder Ă  dĂ©truire un illustre inconnu dans les toilettes (façon puzzle,) puis dĂ©zinguer un agent vĂ©reux de manière encore plus expĂ©ditive. Il gagne alors son entrĂ©e dans le club très sĂ©lect des “double zĂ©ro”. Ainsi adoubĂ©, James se permet ensuite de descendre un suspect non armĂ© et de faire sauter une ambassade. Pour lui apprendre la subtilitĂ©, on l’envoie en punition sur une nouvelle mission dans un casino au MontĂ©nĂ©gro. LĂ , il faudra ruser, bluffer, jouer aux cartes plutĂ´t que de jouer du parabellum. Manque de chance, l’agent s’emballe, enrage, mise le tapis et Ă  force d’impatience se trouve bien vite sur le carreau. Un plan Ă  hurler de rire le montre seul Ă  la table de jeu, après son Ă©limination, Ă©cĹ“urĂ© par sa nervositĂ© et son manque de perspicacitĂ©, comme un molosse dont le costume aurait Ă©tĂ© taillĂ© trop court. Heureusement, la splendide Vesper Lynd (Eva Green) est lĂ  pour le calmer, le sĂ©duire, et lui montrer comment faire fonctionner ses gadgets (de ce point de vue, on lui a d’ailleurs donnĂ© le strict minimum vital). Bond en tombe amoureux, et cette fois-ci c’est pour de vrai. Une love story naissante, mais…

Casino Royale est Ă  voir pour comprendre Ă  quel point la sĂ©rie repose sur le choix de l’acteur. Non sans humour, le film injecte une bonne dose de brutalitĂ© dans ce personnage d’habitude si guindĂ©. Si les pĂ©rĂ©grinations du hĂ©ros sont ici moins spectaculaires (un Ă©pisode moins casse-cou, plus brise-nuques), le film fait office de prĂ©sentation du “new guy in town”. Il va mĂŞme un peu plus loin en lui offrant un dĂ©but d’humanitĂ©, une excuse crĂ©dible pour son machisme Ă  venir, une romance limitĂ©e mais intĂ©ressante. Si Casino Royale fonctionne, c’est parce qu’il joue cartes sur tables et fait le choix de la mue. C’est toujours plaisant de voir un personnage endosser une nouvelle peau. Reste Ă  voir, maintenant, ce qu’il va bien pouvoir faire avec.

Victor Moisan

CASINO ROYALE

Durée : 2h18

Réalisation : Martin Campbell
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis d’après l’oeuvre de Ian Fleming

Avec notamment : Eva Green, Daniel Craig, Mads Mikkelsen

Image : Phil Meheux
Son : Chris Munro
Compositeur : David Arnold
Chef décorateur: Peter Lamont
Costumière : Lindy Hemming& Dan Grace
Montage : Stuart Baird

Produit par Barbara Broccoli & Michael G. Wilson
Production : Sony Pictures Entertainment, MGM, United Artists
Distribution (France) : Gaumont Columbia Tristars

Attachée de presse : Anne Lara

Critique - Red Road, un film de Andrea Arnold, Prix du jury au Festival de Cannes 2006

No comments

Festival de Cannes 2006, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, VidĂ©o, Bande-annonce, Actuellement dans les salles - le 6 dĂ©cembre 2006 à 18h06

Red Road sort aujourd’hui dans les salles. Film pas facile, et en mĂŞme temps très appliquĂ©.

Une femme travaille dans un centre de surveillance et passe ses journĂ©es Ă  regarder les gens passer dans la rue. Parfois elle surprend un dĂ©lit, qu’elle signale aussitĂ´t. Mais c’est autre chose qui l’amène, on ne sait trop pourquoi, Ă  suivre un homme. Tout le film se construit sur ce secret, sur le soupçon ou l’attirance.

Dans ses pĂ©rĂ©grinations, la femme dĂ©couvre un nouvel espace, pĂ©riphĂ©rique et pauvre, jalonnĂ© d’imposantes barres d’immeubles. Un lieu extrĂŞmement austère d’oĂą Ă©mane une sourde violence. Peu Ă  peu je ne veux plus savoir, le secret finalement devient accessoire, car le lieu prend le pouvoir, dĂ©finit les règles. Et la règle est simple : c’est la rĂ©tention. Chacun garde pour soi, son passĂ©, ses dĂ©sirs, ses expressions. Chacun reste au dedans et ne communique que par tentative, main tendue hĂ©sitante ou Ă©ruption de violence momentanĂ©e. Dans les centres de rĂ©tention que sont les tours d’immeubles, on reste terrĂ©s comme des rats, parfois on ouvre la fenĂŞtre mais alors c’est le vide qu’on sent. Se terrer ou sombrer, c’est ça l’alternative. Centre de rĂ©tention pour cette femme qui retient le souvenir de son mari et de son enfant morts et part s’enfermer dans les tours Ă  la recherche du coupable, pour le faire payer.

Le film s’ouvre sur la fin, sort de ces pièces closes et obscures, de ces images innombrables d’Ă©crans de surveillance, sors dans la rue tout simplement, car c’est dans la rue que tout recommence. Comme si le film ne faisait que commencer alors qu’il finit, qu’il n’avait Ă©tĂ© qu’un suspend, une parenthèse.

Matthieu

(mai 2006)

Red Road

Durée : 1h53

Réalisation : Andrea Arnold
Scénario : Andrea Arnold

Montage : Nicolas Chaudeurge
Chef décoratrice : Helen Scott
Ingénieur du son : Martin Belshaw
Directrice du casting : Kathleen Crawford

Production : Sigma Films Ltd (Angleterre) & Zentropa Entertainments (Danemark)

Producteur : Carrie Comerford & Robbie Ryan

Distribution (France) : Equation
Attachée de presse : Vanessa Jerrom

Les Infiltrés, un film de Martin Scorcese

No comments

Critique, Actuellement dans les salles, Martin Scorcese, Les InfiltrĂ©s, The Departed - le 2 dĂ©cembre 2006 à 21h09

Frank Costello (Jack Nicholson) est le “Parrain” de la pègre irlandaise de Boston. Billy Costigan (LĂ©onardo Di Caprio) est un bleu, issu des quartiers pauvres, infiltrĂ© dans le gang de Costello. Colin Sullivan (Matt Damon) est une taupe de Costello infiltrĂ©e dans la police.

Ce n’est plus New York et sa Little Italy mais les quartiers irlandais de Boston, avec lĂ  encore ces rues tenues par le grand banditisme. Paradoxalement, Martin Scorcese met en avant ce qu’il y a de meilleur chez ces hommes, mĂŞme les pires, et mĂŞle dans Les infiltrĂ©s les bons aux plus rebelles, comme venus du mĂŞme sang.

AdaptĂ© d’Infernal Affairs, film hongkongais Ă  grand succès, Les InfiltrĂ©s, c’est avant tout un long mĂ©trage musclĂ© et viril, traitant du destin et de la libertĂ©, un film sombre, tendu, nerveux sur les affres d’un système corrompu, corrompu Ă  l’Ă©chelle d’un pays, un film d’action, dont les dialogues manquent pourtant cruellement de verve. On est loin de «Casino», on est loin de la puissance des « Affranchis ».

Et finalement, l’ensemble reste assez terne et sans surprise.

Alexandra
Les Infiltrés
le site officiel : http://www.tfmdistribution.com/thedeparted/
Un film de Martin Scorcese
Durée : 2h32 minutes
Avec notamment Jack Nicholson, Matt Damon, Leonardo di Caprio
Scénario : William Monahan (adaptation du film Internal Affairs)
Image : Michael Ballhaus
Musique originale : Howard Shore
Un film produit par Warner Bros
Distribution France : TFM Distribution

The Host, un film de Bong Joon-Ho

No comments

Critique, Bande-annonce, Actuellement dans les salles, Bong Joon-Ho - le 24 novembre 2006 à 19h07

On trouve parfois des procĂ©dĂ©s stylistiques qui rĂ©sument toute la dĂ©marche d’un cinĂ©aste. Chez Bong Joon-Ho, dont le surprenant The Host est sorti cette semaine, le travelling filĂ© se fait le moteur d’une sensation de pertes et d’apparitions mĂŞlĂ©es.

Belle illustration de l’idĂ©e de poursuite, ce type de plan, conjuguĂ© Ă  de frĂ©quents ralentis, capte les visages et les corps des hommes en course, fuyant le monstre. Jamais assez synchrone pour pouvoir Ă©tablir un accord de vitesse entre les personnages et la camĂ©ra, le système de Bong donne une impression de dĂ©raillement. Dans son prĂ©cĂ©dent film sorti sur nos Ă©crans, Memories of Murder, une scène donnait Ă  voir, toujours avec la mĂŞme chorĂ©graphie de la pagaille, des hommes se prĂ©cipitant dans un champ pour dĂ©couvrir un cadavre. Ralenti et travelling latĂ©ral incertains. LĂ  encore, il s’agissait d’imprimer la panique des individus sur un environnement mouvant.

Que reste-t-il dans le plan lorsque le travelling, trop rapide ou trop lent, perd la forme humaine qu’il essaie de suivre ? Dans The Host, c’est d’abord une puissance esthĂ©tique et figurale abstraite, striĂ©e ou courue, digne du stylisme de King Hu. Mais ce mĂ©lange colorĂ© et difforme des lignes dĂ©crit aussi une zone incertaine oĂą il est permis Ă  tout et n’importe quoi d’apparaĂ®tre. En tĂ©moignent les visages toujours plus effrayĂ©s des victimes qui s’effacent puis reviennent, qui s’abaissent puis se redressent pour revenir au centre du plan.

Par ce principe voilé d’apparition et de disparition, on touche à une des première forces du cinéma (l’arrivée de quelque chose dans l’image), mais surtout on justifie la présence du monstre dans le système du film. C’est par ce seul principe que la mutation grotesque de The Host pourra naître, disparaître, toujours venir nous agresser et nous assaillir au sein du plan. C’est grâce à la répétition du procédé qu’on y croit.

De manière plus générale, le travelling employé par Bong place le spectateur dans une posture constamment aux aguets. On attend la surprise, on guette dans le malstrom ce qui pourra en surgir. On accepte le jaillissement de l’intrus avec beaucoup de plaisir. Et Bong multiplie les sautes ; il mélange les tonalités, brouille les régimes, donne au traitement de son histoire une liberté tout à fait agréable.

Il permet l’inattendu. À la farce grasse succède un instant de poésie impromptu - les personnages existent, nous dévoilent leurs tourments. Comme un symptôme du monde qui l’entoure (la satire à la Docteur Folamour ou le train-train de la société coréenne), l’insolite apparaît sans crier gare, tout comme le monstre, surgissant de l’abstraction des formes, nous semblait un symptôme possible du plan, un « hôte » qui le parasite et l’habite. Cette fraîcheur des possibles donne à The Host son charme imparfait, épaisseur originale et étonnante promise au film. Il faut fuir le voir.

Victor Moisan

“Borat”, un film de Larry Charles, un scĂ©nario de Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham, Dan Mazer et Todd Philipps

No comments

Critique, Bande-annonce, Sacha Baron Cohen, Peter Baynham, Actuellement dans les salles - le 18 novembre 2006 à 18h06

Un Kazakh dans la ville

Borat Sagdiyev (personnage inventĂ© par Sacha Baron Cohen, auteur Ă©galement d’Ali G) est un reporter de la tĂ©lĂ©vision kazakhe envoyĂ© aux Etats-Unis. Dans ce road movie allant de New-York jusqu’en Californie, le journaliste kazakh se heurte au monde libre, moderne et lumineux, de cette toute puissante nation, Ă©lue modèle de rĂ©ussite, mais qui charrie pourtant son lot de misère, de violence et de perversitĂ©.

Comédie dense, poétique, cinglée, vrai coup de pied dans le monde de satire lisse et manichéenne, Borat brocarde plus qu’une nation, il critique le monde entier. Les hommes, en général, bercés par les images, les rêves et les stéréotypes.

L’œil faussement naïf, Borat semble avoir traversé plus qu’un océan, enjambant une époque trouble, déchirée, souvent incohérente, finalement réunie par l’intolérance, l’hostilité et la cruauté.

Les images sont volontairement crues, déjantées, elles sont osées et font indéniablement appel à nos bassesses, nos petites hypocrisies et nos pires préjugés. Alors se révèlent la misogynie, l’ antisémitisme et l’homophobie.

Sans tomber dans la facilité d’un procès du trash au profit de la bienséance, il brosse un portrait dérangeant et lucide d’une époque aussi étincelante que sombre. A la recherche d’un autre monde, Borat ballade son drôle d’accent, ses déboires et sa candeur le long d’une route aux mille leçons.

Alexandra

Le Dahlia Noir, un film de Brian de Palma, adaptation du roman de James Ellroy

No comments

Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Brian de Palma, Le Dahlia Noir, Actuellement dans les salles - le 11 novembre 2006 à 20h08

Los Angeles, années 40 : carrefour des assassins

Los Angeles brûle, la ville croule sous la corruption et la violence, on découvre le corps d’une jeune femme atrocement mutilé. Les inspecteurs Blanchard (Aaron Eckhart), routard abîmé, et Bleichert (Josh Hartnett) un jeune policier un peu idéaliste, sont chargés de mener cette affaire délicate. L’enquête est un coupe-gorge. Les cadavres se multiplient. Entre secrets de famille, amours clandestins et vengeance, les deux coéquipiers déambuleront dans un macabre labyrinthe, ayant pour unique sortie, les confins du sordide.

Les agents de police sont des boxeurs. Ils montent sur les rings, pour gagner de l’argent ou évacuer les frustrations. Les combats sont truqués, les amours crapuleuses. Le sang transpire. Rien n’échappe au vice, ou à la destruction, pas même le triangle amoureux que forment les deux inspecteur et Kay (Scarlett Johansson), jeune femme aussi fatale que trouble.

Tout nouvel élément d’enquête produit un cadavre de plus. Les masques résistent, le drame est là, bien serré autour des Linscott, une mystérieuse et puissante famille. Le malsain semble inépuisable tout comme la fascination lugubre de Bleichert pour Maddie (Hilary Swank) aînée des Linscott et sosie du cadavre encore frais. Restent l’obscur passé de Kay et celui de Blanchard. La vérité est effroyable et ne laissera personne indemne.

De Palma rend hommage au livre, ne le malmène pas

Cette version cinématographique du « Dahlia noir », best seller de James Ellroy, est certes simplifiée et plus limpide que l’angoissant roman mélange de névroses incurables, de cauchemars et d’indécence. Mais Brian de Palma reste efficace, l’adaptation est élégante, et n’empiète pas sur la noirceur propre à Ellroy.

En se détachant du livre, Brian De Palma s’est approprié Le Dahlia Noir, produisant une oeuvre plus sobre que l’univers ultra sanguinolent, purulent et névrotique d’ Ellroy. On peut le dire, au royaume du polar, l’écrit à rencontré l’image.
Alexandra

Ma note : 15/20

Le site officiel du film

Shortbus, un film de John Cameron Mitchell

No comments

Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Shortbus, Actuellement dans les salles - le 7 novembre 2006 à 19h07

Je dois dire que le film est en effet plutĂ´t singulier et permet de se replonger dans un cinĂ©ma qu’on avait quittĂ© avec Tarnation et qui se fait rare, mĂŞme au Etats-Unis. Un cinĂ©ma de l’intime, cru et sans complexe, qui n’a jamais la langue dans sa poche, use et abuse de sa libertĂ© avec une joyeuse insouciance. Bien sĂ»r, le film souffre d’une quantitĂ© de tics propres au cinĂ©ma amĂ©ricain : le film choral, le grand crescendo qui nous mène jusqu’au dĂ©nouement, les sourires de facades et le malaise gĂ©nĂ©ral, bref tous les ingrĂ©dients du film indĂ©pendant americain Ă  succĂ©s. Mais on sent quelque chose de plus, de l’ordre du documentaire.

Couette fait une apparition au dĂ©but, comme pour signer le film, renseigner sur sa provenance et l’ancrer un peu plus cĂ´tĂ© Est. Car il est difficile d’imaginer Shortbus en dehors de New York, tant le libertinage qui y est dĂ©crit a quelque chose de rĂ©jouissant et spirituel. Tout cela ramène aux annĂ©es 70, non pas celle des Beatniks mais celles du Velvet et de la Factory, de la dĂ©bauche un peu trash et tendance d’une joyeuse bande de dĂ©lurĂ©s prĂŞte Ă  tout pour se distraire.

De films en films Larry Clark esquisse Ă  sa manière une communautĂ© adolescente unie autour d’une pratique dĂ©complexĂ©e du sexe. Shortbus, tout en Ă©tant plus riche et touffu, donne Ă  voir une communautĂ© d’aujourd’hui unie autour du plaisir et du don, mais Ă©galement de la solitude et de la misère. Le final très cheesy tente bien de gommer l’aspect macabre du film en cĂ©lĂ©brant la communautĂ© dans l’orgasme gĂ©nĂ©ral, mais c’est dĂ©jĂ  perdu. On y croit plus, la communautĂ© n’est plus qu’un espoir, un horizon vers lequel il est possible de tendre, comme on tend vers l’orgasme.

Matthieu

Scoop, de et avec Woody Allen

No comments

Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Woody Allen, Actuellement dans les salles - le 6 novembre 2006 à 19h07

Lui, c’est un jeune Lord séduisant doublé d’un homme d’affaires cultivé qui s’investit en politique.
Elle, c’est une jeune étudiante américaine à qui un journaliste décédé souffle d’outre-tombe un scoop à peine croyable : ce jeune Lord serait en fait un serial killer.

Mais voilà, la jeune fille tombe amoureuse du jeune Lord. Et seul y croit maintenant un vieux prestidigitateur bavard, “de confession israélite, récemment converti au narcissisme”.
Après le sombre et puissant Match Point, l’Angleterre de Woody Allen, dĂ©cidĂ©ment bien noire, se couvre avec Scoop d’un honnĂŞte voile de comĂ©die. Attention, si le suspens n’est pas rĂ©ellement au rendez-vous et si le scĂ©nario paraĂ®t parfois bien lĂ©ger, le film ne prĂ©sente pas de temps mort et reste portĂ© par ses interprètes et l’art consommĂ© de Woody Allen pour les mots d’esprit.

Jean-Jacques

Ma note : 13/20

“Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range”, de Davis Guggenheim avec Al Gore

No comments

Critique, Bande-annonce, Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range, Davis Guggenheim, Al Gore - le 26 octobre 2006 à 14h02

Dans l’automne sans fin de la vie politique française, un homme est arrivĂ©. Il avait dĂ©couvert internet il y a quinze ans, et quelque temps après avoir remportĂ© la majoritĂ© des suffrages lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, il avait fondĂ© une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision participative avec Google, www.current.tv.

Al Gore venait à Paris pour présenter un film et le Parlement empressé le retrouva pour une projection privée très très médiatisée, dont on retiendra un apparent consensus : il est urgent d’agir. Pour cette raison, on aurait pu rebaptiser le titre en quelque chose comme « Une vérité sans écho ».

Résumons le sujet du film.

Sur notre planète, l’activitĂ© humaine (industrie, transports, agriculture…) produit une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’air, provoquant en retour une augmentation de la tempĂ©rature moyenne (il fait plus chaud) : c’est le phĂ©nomène de rĂ©chauffement climatique, le grand enjeu Ă©cologique auquel la communautĂ© internationale a souhaitĂ© rĂ©pondre avec le Protocole de Kyoto, prĂ©voyant le gel des Ă©mission de dioxyde de carbone au niveau de 1990.

Le rĂ©chauffement de la planète entraĂ®ne dĂ©jĂ  des consĂ©quences observables. Si l’eau potable provenait auparavant, très largement, des glaciers ; aujourd’hui, les glaciers disparaissent. Au cĹ“ur de l’Afrique, le Kilimandjaro, Ă©tait couvert par les neiges Ă©ternelles et Ernest Hemingway en avait fait le théâtre d’une nouvelle sur l’Afrique, adaptĂ©e au cinĂ©ma avec notamment Ava Gardner et Gregory Peck. Dans moins de dix ans, les neiges du Kilimandjaro auront disparu.

Si certaines conséquences du réchauffement climatique sont déjà observables, celles à venir risquent d’entraîner des phénomènes géopolitiques majeurs : la montée du niveau des mers entraînera la disparition de millions de kilomètres de terres cultivées et l’exode de millions de personnes, la disparition de terres habitables (Hollande, Bangladesh, Inde, Chine, Etats-Unis, etc.) et cultivables privant certains pays de ressources fondamentales pour leur équilibre. Le phénomène risque tout simplement d’affecter brutalement les relations internationales, en déséquilibrant subitement certaines puissances, démocratiques ou non.

Le documentaire d’Al Gore nous place ainsi devant notre inconséquence, inconséquence fondamentale d’un public informé qui sait courir au désastre et ne prend que des demi-mesures, quand il en prend. Nous courons au désastre, nous ne voulons pas le voir, pourquoi ? (1)

Déjà, la violence des phénomènes climatiques augmente le coût « humain » et financier des catastrophes naturelles actuelles (augmentation en nombre et en intensité des phénomènes violents comme les ouragans, et les tempêtes, phénomènes plus forts, plus réguliers ; raréfaction des pluies dans les zones arides, augmentation des précipitations dans les zones humides ; disparition des zones polaires).

Est-ce dû au fait que l’on pense que le réchauffement planétaire n’aurait d’effet fondamental qu’à très long terme ? C’est une erreur.

Un phénomène majeur comme celui de l’inversion de ce gigantesque climatiseur qu’est le Gulf Stream pourrait se produire en moins d’une dizaine d’années. L’Europe pourrait ainsi se retrouver sans son gigantesque climatiseur naturel et quelques millions d’Européens réaliser que Londres ou Paris sont plus au nord que Montréal.

Est-ce dû au fait que le phénomène de réchauffement climatique soit en fait naturel et non pas provoqué par l’homme ? c’est une erreur, encore. Aucune publication scientifique, oui, aucune, ne conteste le lien entre l’augmentation de la température du globe et l’augmentation de la concentration en dioxyde de carbone.

C’est peut-être là toute la folie de la société actuelle qui, happée dans un spectacle général, connaissant ses périls, agissant sans détermination, partout trop faiblement, semble se représenter la réalité comme une fiction, et l’avenir comme une hypothèse.

Alors, bien sûr, on a connu des documentaires plus vifs, des spectacles divertissants sur ce thème, des films très spectaculaires comme « Le Jour d’après », un peu moins de sérieux, et plus d’émotion, mais « Une Vérité qui dérange » ne s’adresse pas à un spectateur, ce film s’adresse à un citoyen auquel il n’offre pas de flatter le regard par une succession de représentations habiles ou sensationnelles mais à qui il propose d’énumérer, de lister, de relier les phénomènes pour en dégager les causes, en matérialiser l’existence. C’est un hommage à la nature, littéralement, un hommage au réel, afin qu’il existe, au-delà de l’information, une conscience du monde, une réaction.

Ce film est un film pour agir. L’on pourra retrouver, d’ailleurs, une liste de gestes pour économiser l’énergie sur le site www.criseclimatique.fr

Jean-Jacques

Ma note : 17/20

(1) A ce sujet, on pourra utilement se référer au livre de Jean-Pierre Dupuy, « Pour un catastrophisme éclairé »


“Quand j’Ă©tais chanteur”, de Xavier Giannoli

No comments

ActualitĂ©s, Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Xavier Giannoli, Quand j'Ă©tais chanteur - le 16 octobre 2006 à 14h02

Alain, la cinquantaine, est ce que l’on appelle un chanteur de bal, de thés dansant, qui enchaîne les galas en province ; c’est en musique qu’il aperçoit Marion, une jeune mère célibataire et perdue, qui retient tout de suite son attention.

Cette rencontre est une chanson tendre et pudique, rythmée par une peur d’aimer incessante que le réalisateur a su filmer, tout en retenue, dans une simplicité et une justesse qui ne s’encombrent jamais d’amertume, faisant de ce film un tableau remarquable de vérité, la danse de deux êtres tour à tour maladroits et attentionnés, qui valsent ou s’échappent au son de leurs émotions.

« Quand j’ étais chanteur » ne tombe jamais dans les poncifs de l’écart d’âge, les deux cœurs sont blessés mais leur solitude reste élégante, sûrement la marque d’un réalisateur sensible qui a su capter la musique du cœur, au plus près du trouble, sans fioritures. Ce film est la partition touchante d’une rencontre ordinaire, au ton rare : celui de la sincérité.

Alexandra

NDLR : “Quand j’Ă©tais chanteur” est le troisième long mĂ©trage de Xavier Giannoli après “Les corps impatients” et “Une aventure” mais aussi “L’interview”, palme d’or du meilleur court-mĂ©trage Ă  Cannes en 1999.

« Entrées précédentes

Parrainage :

Horrific XSLT error - wikio_cannes returned empty - verify /home/.cudbear/kdrouvin/www/fr/wp-content/in_wikio_cannes.xml is a valid XML file and check logs.
-->