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Archive pour la catégorie 'Al Gore'

“Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range”, de Davis Guggenheim avec Al Gore

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Critique, Bande-annonce, Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range, Davis Guggenheim, Al Gore - le 26 octobre 2006 à 14h02

Dans l’automne sans fin de la vie politique française, un homme est arrivĂ©. Il avait dĂ©couvert internet il y a quinze ans, et quelque temps après avoir remportĂ© la majoritĂ© des suffrages lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, il avait fondĂ© une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision participative avec Google, www.current.tv.

Al Gore venait à Paris pour présenter un film et le Parlement empressé le retrouva pour une projection privée très très médiatisée, dont on retiendra un apparent consensus : il est urgent d’agir. Pour cette raison, on aurait pu rebaptiser le titre en quelque chose comme « Une vérité sans écho ».

Résumons le sujet du film.

Sur notre planète, l’activitĂ© humaine (industrie, transports, agriculture…) produit une augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’air, provoquant en retour une augmentation de la tempĂ©rature moyenne (il fait plus chaud) : c’est le phĂ©nomène de rĂ©chauffement climatique, le grand enjeu Ă©cologique auquel la communautĂ© internationale a souhaitĂ© rĂ©pondre avec le Protocole de Kyoto, prĂ©voyant le gel des Ă©mission de dioxyde de carbone au niveau de 1990.

Le rĂ©chauffement de la planète entraĂ®ne dĂ©jĂ  des consĂ©quences observables. Si l’eau potable provenait auparavant, très largement, des glaciers ; aujourd’hui, les glaciers disparaissent. Au cĹ“ur de l’Afrique, le Kilimandjaro, Ă©tait couvert par les neiges Ă©ternelles et Ernest Hemingway en avait fait le théâtre d’une nouvelle sur l’Afrique, adaptĂ©e au cinĂ©ma avec notamment Ava Gardner et Gregory Peck. Dans moins de dix ans, les neiges du Kilimandjaro auront disparu.

Si certaines conséquences du réchauffement climatique sont déjà observables, celles à venir risquent d’entraîner des phénomènes géopolitiques majeurs : la montée du niveau des mers entraînera la disparition de millions de kilomètres de terres cultivées et l’exode de millions de personnes, la disparition de terres habitables (Hollande, Bangladesh, Inde, Chine, Etats-Unis, etc.) et cultivables privant certains pays de ressources fondamentales pour leur équilibre. Le phénomène risque tout simplement d’affecter brutalement les relations internationales, en déséquilibrant subitement certaines puissances, démocratiques ou non.

Le documentaire d’Al Gore nous place ainsi devant notre inconséquence, inconséquence fondamentale d’un public informé qui sait courir au désastre et ne prend que des demi-mesures, quand il en prend. Nous courons au désastre, nous ne voulons pas le voir, pourquoi ? (1)

Déjà, la violence des phénomènes climatiques augmente le coût « humain » et financier des catastrophes naturelles actuelles (augmentation en nombre et en intensité des phénomènes violents comme les ouragans, et les tempêtes, phénomènes plus forts, plus réguliers ; raréfaction des pluies dans les zones arides, augmentation des précipitations dans les zones humides ; disparition des zones polaires).

Est-ce dû au fait que l’on pense que le réchauffement planétaire n’aurait d’effet fondamental qu’à très long terme ? C’est une erreur.

Un phénomène majeur comme celui de l’inversion de ce gigantesque climatiseur qu’est le Gulf Stream pourrait se produire en moins d’une dizaine d’années. L’Europe pourrait ainsi se retrouver sans son gigantesque climatiseur naturel et quelques millions d’Européens réaliser que Londres ou Paris sont plus au nord que Montréal.

Est-ce dû au fait que le phénomène de réchauffement climatique soit en fait naturel et non pas provoqué par l’homme ? c’est une erreur, encore. Aucune publication scientifique, oui, aucune, ne conteste le lien entre l’augmentation de la température du globe et l’augmentation de la concentration en dioxyde de carbone.

C’est peut-être là toute la folie de la société actuelle qui, happée dans un spectacle général, connaissant ses périls, agissant sans détermination, partout trop faiblement, semble se représenter la réalité comme une fiction, et l’avenir comme une hypothèse.

Alors, bien sûr, on a connu des documentaires plus vifs, des spectacles divertissants sur ce thème, des films très spectaculaires comme « Le Jour d’après », un peu moins de sérieux, et plus d’émotion, mais « Une Vérité qui dérange » ne s’adresse pas à un spectateur, ce film s’adresse à un citoyen auquel il n’offre pas de flatter le regard par une succession de représentations habiles ou sensationnelles mais à qui il propose d’énumérer, de lister, de relier les phénomènes pour en dégager les causes, en matérialiser l’existence. C’est un hommage à la nature, littéralement, un hommage au réel, afin qu’il existe, au-delà de l’information, une conscience du monde, une réaction.

Ce film est un film pour agir. L’on pourra retrouver, d’ailleurs, une liste de gestes pour économiser l’énergie sur le site www.criseclimatique.fr

Jean-Jacques

Ma note : 17/20

(1) A ce sujet, on pourra utilement se référer au livre de Jean-Pierre Dupuy, « Pour un catastrophisme éclairé »


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