Casino Royale, un James Bond signé Martin Campbell
Critique, Bande-annonce, Casino Royale, Actuellement dans les salles - le 7 dĂ©cembre 2006 à 17h05
“Alors, qu’est-ce qu’il donne le nouveau James Bond ?”
Sous entendu : non pas le film (lot habituel de cascades, trahisons, sexe et champagne) mais la nouvelle figure donnĂ©e Ă l’agent britannique, celle toute blonde et musclĂ©e de Daniel Craig, qui imprime une force brute sur cette sĂ©rie bien connue. Le Bond nouveau est devenu une sorte de puissance imparable qui fonce tĂŞte baissĂ©e dans les obstacles, prĂ©fĂ©rant user de ses poings plutĂ´t que de son fidèle silencieux. En choisissant un corps gonflĂ© Ă la testostĂ©rone, les producteurs ont clairement voulu redistribuer les cartes et donner une nouvelle impulsion Ă la sĂ©rie.
Ainsi, on retrouve 007 vierge de tout homicide dans un court prologue tournĂ© en noir et blanc. Ne vous inquiĂ©tez pas ; il ne va pas tarder Ă dĂ©truire un illustre inconnu dans les toilettes (façon puzzle,) puis dĂ©zinguer un agent vĂ©reux de manière encore plus expĂ©ditive. Il gagne alors son entrĂ©e dans le club très sĂ©lect des “double zĂ©ro”. Ainsi adoubĂ©, James se permet ensuite de descendre un suspect non armĂ© et de faire sauter une ambassade. Pour lui apprendre la subtilitĂ©, on l’envoie en punition sur une nouvelle mission dans un casino au MontĂ©nĂ©gro. LĂ , il faudra ruser, bluffer, jouer aux cartes plutĂ´t que de jouer du parabellum. Manque de chance, l’agent s’emballe, enrage, mise le tapis et Ă force d’impatience se trouve bien vite sur le carreau. Un plan Ă hurler de rire le montre seul Ă la table de jeu, après son Ă©limination, Ă©cĹ“urĂ© par sa nervositĂ© et son manque de perspicacitĂ©, comme un molosse dont le costume aurait Ă©tĂ© taillĂ© trop court. Heureusement, la splendide Vesper Lynd (Eva Green) est lĂ pour le calmer, le sĂ©duire, et lui montrer comment faire fonctionner ses gadgets (de ce point de vue, on lui a d’ailleurs donnĂ© le strict minimum vital). Bond en tombe amoureux, et cette fois-ci c’est pour de vrai. Une love story naissante, mais…
Casino Royale est Ă voir pour comprendre Ă quel point la sĂ©rie repose sur le choix de l’acteur. Non sans humour, le film injecte une bonne dose de brutalitĂ© dans ce personnage d’habitude si guindĂ©. Si les pĂ©rĂ©grinations du hĂ©ros sont ici moins spectaculaires (un Ă©pisode moins casse-cou, plus brise-nuques), le film fait office de prĂ©sentation du “new guy in town”. Il va mĂŞme un peu plus loin en lui offrant un dĂ©but d’humanitĂ©, une excuse crĂ©dible pour son machisme Ă venir, une romance limitĂ©e mais intĂ©ressante. Si Casino Royale fonctionne, c’est parce qu’il joue cartes sur tables et fait le choix de la mue. C’est toujours plaisant de voir un personnage endosser une nouvelle peau. Reste Ă voir, maintenant, ce qu’il va bien pouvoir faire avec.
Victor Moisan
Durée : 2h18
Réalisation : Martin Campbell
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis d’après l’oeuvre de Ian Fleming
Avec notamment : Eva Green, Daniel Craig, Mads Mikkelsen
Image : Phil Meheux
Son : Chris Munro
Compositeur : David Arnold
Chef décorateur: Peter Lamont
Costumière : Lindy Hemming& Dan Grace
Montage : Stuart Baird
Produit par Barbara Broccoli & Michael G. Wilson
Production : Sony Pictures Entertainment, MGM, United Artists
Distribution (France) : Gaumont Columbia Tristars
Attachée de presse : Anne Lara
Critique - Red Road, un film de Andrea Arnold, Prix du jury au Festival de Cannes 2006
Festival de Cannes 2006, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, VidĂ©o, Bande-annonce, Actuellement dans les salles - le 6 dĂ©cembre 2006 à 18h06
Red Road sort aujourd’hui dans les salles. Film pas facile, et en mĂŞme temps très appliquĂ©.
Une femme travaille dans un centre de surveillance et passe ses journĂ©es Ă regarder les gens passer dans la rue. Parfois elle surprend un dĂ©lit, qu’elle signale aussitĂ´t. Mais c’est autre chose qui l’amène, on ne sait trop pourquoi, Ă suivre un homme. Tout le film se construit sur ce secret, sur le soupçon ou l’attirance.
Dans ses pĂ©rĂ©grinations, la femme dĂ©couvre un nouvel espace, pĂ©riphĂ©rique et pauvre, jalonnĂ© d’imposantes barres d’immeubles. Un lieu extrĂŞmement austère d’oĂą Ă©mane une sourde violence. Peu Ă peu je ne veux plus savoir, le secret finalement devient accessoire, car le lieu prend le pouvoir, dĂ©finit les règles. Et la règle est simple : c’est la rĂ©tention. Chacun garde pour soi, son passĂ©, ses dĂ©sirs, ses expressions. Chacun reste au dedans et ne communique que par tentative, main tendue hĂ©sitante ou Ă©ruption de violence momentanĂ©e. Dans les centres de rĂ©tention que sont les tours d’immeubles, on reste terrĂ©s comme des rats, parfois on ouvre la fenĂŞtre mais alors c’est le vide qu’on sent. Se terrer ou sombrer, c’est ça l’alternative. Centre de rĂ©tention pour cette femme qui retient le souvenir de son mari et de son enfant morts et part s’enfermer dans les tours Ă la recherche du coupable, pour le faire payer.
Le film s’ouvre sur la fin, sort de ces pièces closes et obscures, de ces images innombrables d’Ă©crans de surveillance, sors dans la rue tout simplement, car c’est dans la rue que tout recommence. Comme si le film ne faisait que commencer alors qu’il finit, qu’il n’avait Ă©tĂ© qu’un suspend, une parenthèse.
Matthieu
(mai 2006)
Red Road
Durée : 1h53
Réalisation : Andrea Arnold
Scénario : Andrea Arnold
Montage : Nicolas Chaudeurge
Chef décoratrice : Helen Scott
Ingénieur du son : Martin Belshaw
Directrice du casting : Kathleen Crawford
Production : Sigma Films Ltd (Angleterre) & Zentropa Entertainments (Danemark)
Producteur : Carrie Comerford & Robbie Ryan
Distribution (France) : Equation
Attachée de presse : Vanessa Jerrom
Les Infiltrés, un film de Martin Scorcese
Critique, Actuellement dans les salles, Martin Scorcese, Les InfiltrĂ©s, The Departed - le 2 dĂ©cembre 2006 à 21h09
Frank Costello (Jack Nicholson) est le “Parrain” de la pègre irlandaise de Boston. Billy Costigan (LĂ©onardo Di Caprio) est un bleu, issu des quartiers pauvres, infiltrĂ© dans le gang de Costello. Colin Sullivan (Matt Damon) est une taupe de Costello infiltrĂ©e dans la police.
Ce n’est plus New York et sa Little Italy mais les quartiers irlandais de Boston, avec lĂ encore ces rues tenues par le grand banditisme. Paradoxalement, Martin Scorcese met en avant ce qu’il y a de meilleur chez ces hommes, mĂŞme les pires, et mĂŞle dans Les infiltrĂ©s les bons aux plus rebelles, comme venus du mĂŞme sang.
AdaptĂ© d’Infernal Affairs, film hongkongais Ă grand succès, Les InfiltrĂ©s, c’est avant tout un long mĂ©trage musclĂ© et viril, traitant du destin et de la libertĂ©, un film sombre, tendu, nerveux sur les affres d’un système corrompu, corrompu Ă l’Ă©chelle d’un pays, un film d’action, dont les dialogues manquent pourtant cruellement de verve. On est loin de «Casino», on est loin de la puissance des « Affranchis ».
Et finalement, l’ensemble reste assez terne et sans surprise.
Alexandra
Les Infiltrés
le site officiel : http://www.tfmdistribution.com/thedeparted/
Un film de Martin Scorcese
Durée : 2h32 minutes
Avec notamment Jack Nicholson, Matt Damon, Leonardo di Caprio
Scénario : William Monahan (adaptation du film Internal Affairs)
Image : Michael Ballhaus
Musique originale : Howard Shore
Un film produit par Warner Bros
Distribution France : TFM Distribution
Bande-annonce : “La NativitĂ©”, de Catherine Hardwicke
Bande-annonce, Actuellement dans les salles, Catherine Hardwicke, La NativitĂ© - le 25 novembre 2006 à 15h03
En salles le 6 dĂ©cembre 2006, la NativitĂ©, c’est bien sĂ»r l’histoire de la naissance du Christ.
Le film est rĂ©alisĂ© par Catherine Hardwicke Ă qui l’on doit l’un des films les plus durs et dĂ©senchantĂ©s, Thirteen, consacrĂ© Ă la fin de l’enfance, et au dĂ©but d’adolescence ultramatĂ©rialiste et sans idĂ©al.
Catherine Hardwicke, avant de passer Ă la rĂ©alisation, Ă©tait dĂ©coratrice (production designer). C’est notamment elle qui fut choisie sur le remake du fascinant second film d’Alejandro Amenabar, Abre le Ojos (Ouvre les yeux), dont les droits avaient Ă©tĂ© rachetĂ©s par Tom Cruise et qui donna Vanilla Sky.
La Nativité, un film de Catherine Hardwicke, sortie en salles le 6 décembre 2006
Avec : Keisha Castle-Hughes, Oscar Isaac, Shohreh Aghdashloo
Réalisation : Catherine Hardwicke
Scénario : Mike Rich
Durée : 1h41
Image : Elliot Davis
BOF : Mychael Danna
Production : New Line Cinema
Bande-annonce : L’Etoile du Soldat, un film de Christophe de Ponfilly
Bande-annonce, Actuellement dans les salles, Christophe de Ponfilly, L'Etoile du Soldat - le 24 novembre 2006 à 19h07
“L’Etoile du Soldat” est le dernier film de Christophe de Ponfilly, un rĂ©alisateur, Ă©crivain et journaliste qui nous a malheureusement quittĂ© le 16 mai dernier. Christophe de Ponfilly avait Ă©tĂ© l’un des proches du Commandant Massoud et avait consacrĂ© une grande partie de sa vie Ă la cause afghane.
Sous la forme d’une fiction, “L’Etoile du Soldat” rend compte du chaos afghan de 1984 Ă l’assassinat de Massoud, quelques jours avant le 11 Septembre, Ă travers l’histoire d’un soldat soviĂ©tique, Nikolai, guitariste, emprisonnĂ© par les moudjahiddins du Commandant Massoud, qui rencontre un musicien de l’autre camp, un musicien afghan, ainsi qu’un journaliste français, jouĂ© par le reporter de guerre, Patrick Chauvel.
The Host, un film de Bong Joon-Ho
Critique, Bande-annonce, Actuellement dans les salles, Bong Joon-Ho - le 24 novembre 2006 à 19h07
On trouve parfois des procĂ©dĂ©s stylistiques qui rĂ©sument toute la dĂ©marche d’un cinĂ©aste. Chez Bong Joon-Ho, dont le surprenant The Host est sorti cette semaine, le travelling filĂ© se fait le moteur d’une sensation de pertes et d’apparitions mĂŞlĂ©es.
Belle illustration de l’idĂ©e de poursuite, ce type de plan, conjuguĂ© Ă de frĂ©quents ralentis, capte les visages et les corps des hommes en course, fuyant le monstre. Jamais assez synchrone pour pouvoir Ă©tablir un accord de vitesse entre les personnages et la camĂ©ra, le système de Bong donne une impression de dĂ©raillement. Dans son prĂ©cĂ©dent film sorti sur nos Ă©crans, Memories of Murder, une scène donnait Ă voir, toujours avec la mĂŞme chorĂ©graphie de la pagaille, des hommes se prĂ©cipitant dans un champ pour dĂ©couvrir un cadavre. Ralenti et travelling latĂ©ral incertains. LĂ encore, il s’agissait d’imprimer la panique des individus sur un environnement mouvant.
Que reste-t-il dans le plan lorsque le travelling, trop rapide ou trop lent, perd la forme humaine qu’il essaie de suivre ? Dans The Host, c’est d’abord une puissance esthĂ©tique et figurale abstraite, striĂ©e ou courue, digne du stylisme de King Hu. Mais ce mĂ©lange colorĂ© et difforme des lignes dĂ©crit aussi une zone incertaine oĂą il est permis Ă tout et n’importe quoi d’apparaĂ®tre. En tĂ©moignent les visages toujours plus effrayĂ©s des victimes qui s’effacent puis reviennent, qui s’abaissent puis se redressent pour revenir au centre du plan.
Par ce principe voilé d’apparition et de disparition, on touche à une des première forces du cinéma (l’arrivée de quelque chose dans l’image), mais surtout on justifie la présence du monstre dans le système du film. C’est par ce seul principe que la mutation grotesque de The Host pourra naître, disparaître, toujours venir nous agresser et nous assaillir au sein du plan. C’est grâce à la répétition du procédé qu’on y croit.
De manière plus générale, le travelling employé par Bong place le spectateur dans une posture constamment aux aguets. On attend la surprise, on guette dans le malstrom ce qui pourra en surgir. On accepte le jaillissement de l’intrus avec beaucoup de plaisir. Et Bong multiplie les sautes ; il mélange les tonalités, brouille les régimes, donne au traitement de son histoire une liberté tout à fait agréable.
Il permet l’inattendu. À la farce grasse succède un instant de poésie impromptu - les personnages existent, nous dévoilent leurs tourments. Comme un symptôme du monde qui l’entoure (la satire à la Docteur Folamour ou le train-train de la société coréenne), l’insolite apparaît sans crier gare, tout comme le monstre, surgissant de l’abstraction des formes, nous semblait un symptôme possible du plan, un « hôte » qui le parasite et l’habite. Cette fraîcheur des possibles donne à The Host son charme imparfait, épaisseur originale et étonnante promise au film. Il faut fuir le voir.
Victor Moisan
Ne le dis Ă personne, un film de Guillaume Canet
Bande-annonce, Guillaume Canet, Ne le dis Ă Personne, Actuellement dans les salles - le 23 novembre 2006 à 12h12
Puissant, Ă©mouvant, dense, le dernier film de Guillaume Canet est un thriller passionnant, un thriller au ton juste qui, s’il ressemble Ă première vue au Fugitif, porte paradoxalement, toute la douceur, la force et l’humanitĂ© du cinĂ©ma de François Truffaut.
A voir absolument si vous ne l’avez pas dĂ©jĂ vu.
Jean-Jacques
Le site officiel
Ne le dis Ă personne
Réalisation : Guillaume Canet
ScĂ©nario original adaptĂ© de l’oeuvre d’Harlan Coben : Guillaume Canet, Harlan Coben, Philippe Lefebvre
Durée : 125 mns
Image : Christophe Offenstein
Babel, un film de Alejandro González Inárritu
Festival de Cannes 2006, Alejandro González Inárritu, Babel, Actuellement dans les salles - le 22 novembre 2006 à 00h12
Alejandro González Inárritu compose avec Babel – récompensé cette année à Cannes par le Prix de la mise en scène – un hymne à l’homme-corps, avant tout chair et pulsations.
Un couple d’Américains en voyage dans le désert marocain. Une nounou mexicaine qui rentre marier son fils au pays. Une famille marocaine accusée à tort de terrorisme. Une adolescente tokyoïte sourde-muette à la découverte douloureuse de sa vie. Quatre pays. Quatre cultures. Quatre histoires. Une histoire.
Une histoire dans laquelle les vies s’entrecoupent et s’effleurent sans jamais s’entrechoquer. Mais cette structure scénique enchevêtrée, chorale, qui avait fait l’originalité de ses deux précédents films, Amores Perros (Amours chiennes) et 21 grammes, devient avec
Babel un système qui ne nous surprend plus même s’il fonctionne à merveille et reste toujours aussi jubilatoire.
Alejandro González Inárritu nous embarque ainsi dans une intrigue remarquablement ficelée qui nous tient en haleine mais, si la réalisation reste ferme, on éprouve cependant la désagréable impression d’être un peu trop pris par la main.
Ava
Réalisation : Alejandro González Inárritu
Scénario : Guillermo Arriaga (et idée originale)
Durée : 142 min
“Borat”, un film de Larry Charles, un scĂ©nario de Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham, Dan Mazer et Todd Philipps
Critique, Bande-annonce, Sacha Baron Cohen, Peter Baynham, Actuellement dans les salles - le 18 novembre 2006 à 18h06
Un Kazakh dans la ville
Borat Sagdiyev (personnage inventĂ© par Sacha Baron Cohen, auteur Ă©galement d’Ali G) est un reporter de la tĂ©lĂ©vision kazakhe envoyĂ© aux Etats-Unis. Dans ce road movie allant de New-York jusqu’en Californie, le journaliste kazakh se heurte au monde libre, moderne et lumineux, de cette toute puissante nation, Ă©lue modèle de rĂ©ussite, mais qui charrie pourtant son lot de misère, de violence et de perversitĂ©.
Comédie dense, poétique, cinglée, vrai coup de pied dans le monde de satire lisse et manichéenne, Borat brocarde plus qu’une nation, il critique le monde entier. Les hommes, en général, bercés par les images, les rêves et les stéréotypes.
L’œil faussement naïf, Borat semble avoir traversé plus qu’un océan, enjambant une époque trouble, déchirée, souvent incohérente, finalement réunie par l’intolérance, l’hostilité et la cruauté.
Les images sont volontairement crues, déjantées, elles sont osées et font indéniablement appel à nos bassesses, nos petites hypocrisies et nos pires préjugés. Alors se révèlent la misogynie, l’ antisémitisme et l’homophobie.
Sans tomber dans la facilité d’un procès du trash au profit de la bienséance, il brosse un portrait dérangeant et lucide d’une époque aussi étincelante que sombre. A la recherche d’un autre monde, Borat ballade son drôle d’accent, ses déboires et sa candeur le long d’une route aux mille leçons.
Alexandra
Le Dahlia Noir, un film de Brian de Palma, adaptation du roman de James Ellroy
Critique, VidĂ©o, Bande-annonce, Brian de Palma, Le Dahlia Noir, Actuellement dans les salles - le 11 novembre 2006 à 20h08
Los Angeles, années 40 : carrefour des assassins
Los Angeles brûle, la ville croule sous la corruption et la violence, on découvre le corps d’une jeune femme atrocement mutilé. Les inspecteurs Blanchard (Aaron Eckhart), routard abîmé, et Bleichert (Josh Hartnett) un jeune policier un peu idéaliste, sont chargés de mener cette affaire délicate. L’enquête est un coupe-gorge. Les cadavres se multiplient. Entre secrets de famille, amours clandestins et vengeance, les deux coéquipiers déambuleront dans un macabre labyrinthe, ayant pour unique sortie, les confins du sordide.
Les agents de police sont des boxeurs. Ils montent sur les rings, pour gagner de l’argent ou évacuer les frustrations. Les combats sont truqués, les amours crapuleuses. Le sang transpire. Rien n’échappe au vice, ou à la destruction, pas même le triangle amoureux que forment les deux inspecteur et Kay (Scarlett Johansson), jeune femme aussi fatale que trouble.
Tout nouvel élément d’enquête produit un cadavre de plus. Les masques résistent, le drame est là , bien serré autour des Linscott, une mystérieuse et puissante famille. Le malsain semble inépuisable tout comme la fascination lugubre de Bleichert pour Maddie (Hilary Swank) aînée des Linscott et sosie du cadavre encore frais. Restent l’obscur passé de Kay et celui de Blanchard. La vérité est effroyable et ne laissera personne indemne.
De Palma rend hommage au livre, ne le malmène pas
Cette version cinématographique du « Dahlia noir », best seller de James Ellroy, est certes simplifiée et plus limpide que l’angoissant roman mélange de névroses incurables, de cauchemars et d’indécence. Mais Brian de Palma reste efficace, l’adaptation est élégante, et n’empiète pas sur la noirceur propre à Ellroy.
En se détachant du livre, Brian De Palma s’est approprié Le Dahlia Noir, produisant une oeuvre plus sobre que l’univers ultra sanguinolent, purulent et névrotique d’ Ellroy. On peut le dire, au royaume du polar, l’écrit à rencontré l’image.
Alexandra
Ma note : 15/20
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