[Vidéo & critique] Taxidermie, de György Pálfi
Actualités, Critique, Vidéo, Taxidermie, Bande-annonce, György Pálfi - le 8 septembre 2006 à 16h04
Taxidermie est une sorte de film-monstre, fondamentalement baroque, avec du sexe, de l’orgie, de l’horreur bref une image qui tend constamment du côté de la surenchère, qui ne se contente pas d’être brute mais aussi vulgaire, laide et choquante. Ce film n’a rien pour plaire et pourtant s’y dessine en filigrane les contours d’un discours fort et gonflé sur l’histoire de la Hongrie, de la Seconde guerre mondiale à l’ère post-soviétique. Sur trois générations, les hommes et leurs corps se tranforment : naissance dans la douleur et le fantasme, invention d’un homme nouveau qu’on goinfre à n’en plus pouvoir, et finalement évidement d’un corps non plus a réinventer mais à détruire. L’idéologie imprime sa marque sur un corps qui, pour avoir trop encaissé n’aspire plus qu’à la vacuité, au devenir-chose, comme s’il avait failli dans sa tâche, qu’être un homme était trop pour lui, trop dangereux en tout cas. Film-monstre, sur la monstruosité. Comme on dit un film très humain. Vous voyez. Comme la barbarie à visage humain. Le film-monstre c’est ça. C’est cette humanité-là , son bilan critique.
Autres sorties de la semaine : Le vent se lève de Ken Loach (palme d’or à Cannes) et Selon Charlie, de Nicole Garcia


