[Critique] Sehnsucht de Valeska Grisebach : précis de mélancolie
ActualitĂ©s, Critique, Paris Cinema 2006, Festival de Berlin 2006, Forum des images, Rencontres du cinĂ©ma 2006 - le 30 juin 2006 à 18h06
PrĂ©sentĂ© dans le cadre des Rencontres du cinĂ©ma - la compĂ©tition officielle de Paris Cinema, Sehnsucht, deuxième film de Valeska Grisbach, retrace les aventures d’un homme tiraillĂ© entre sa femme et son amante. Ce qui peut paraĂ®tre bĂŞte, dit comme ça…
Toute la subtilitĂ© du film rĂ©side dans son traitement, dans la manière douce et gĂ©nĂ©reuse avec laquelle est, par exemple, filmĂ©e la rencontre avec l’amante ; car ce qui n’Ă©tait qu’un vulgaire adultère de campagne se transforme en une jolie rencontre oĂą deux personnes se dĂ©couvrent, sont fascinĂ©es l’une par l’autre, comme si c’Ă©tait la première fois. Et Dieu sait qu’il est difficile de filmer des premières fois, parce qu’il y a le souvenir, parce qu’il est plus grand que l’image.
Autre morceau de bravoure : filmer la confiance. Celle qui se donne, qui se cherche dans le regard de l’autre, se rĂ©clame ou se perd. Tout ça dans un regard qui varie selon les cas, change imperceptiblement d’air ou de destination. Il s’ancre dans celui de l’autre ou plonge dans le vide. Le film parle de toutes ces petites choses d’une façon attentive et, je le rĂ©pète ! douce. L’on ne s’attend pas au dĂ©but Ă tant de douceur de la part de ce film brut, rĂŞche, presque naturaliste. Un Bruno Dumont en douceur, moins implacable et plus attentif. Ici on va Ă©couter, pas illustrer, on va regarder comment les corps rĂ©agissent, comment ils hĂ©sitent, ce qui requiert non seulement de l’observation mais aussi une belle empathie. C’est certainement ça la pâte de ces nouveaux rĂ©alisateurs allemands : un regard prĂ©cis, presque scientifique, servi par une forme maĂ®trisĂ©e et une photo souvent froide. Sehnsucht prend le meilleur de cette tendance, sans pour autant verser dans le film tiède et habile. La mĂ©lancolie qui plane sur tout le film est tout sauf tiède. Elle est dure et tendre Ă la fois, pas trop complaisante, bref agrĂ©able et inspirante.
Critique (Arte)
Festival des Rencontres / Paris Cinema ; Festival de Brussel ; Festival de Berlin (pdf)
[Vidéo et critique] Lucy de Henner Winckler
ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, Paris Cinema 2006, Festival de Berlin 2006, Forum des images, Rencontres du cinĂ©ma 2006 - le 29 juin 2006 à 18h06
Evacuons tout d’abord l’hypothèse d’une Nouvelle vague allemande, astuce promotionnelle trouvée par des distributeurs malins et réfutée par les réalisateurs eux-mêmes, qui ne se reconnaissent pas dans ce supposé «courant ». Toujours étonnante, cette propension (à la limite de la paresse intellectuelle) à apposer des étiquettes – et donc à circonscrire et amoindrir des champs esthétiques. On constate néanmoins une « embellie » depuis deux ou trois ans d’un cinéma allemand auteuriste, qui semble co-exister avec les grosses productions à la Goodbye Lénine ou The Edukators (fort heureusement, l’éprouvant épisode 90s Bagdad Café semble évacué !). L’essentiel - et c’est la bonne nouvelle - est le retour de l’Allemagne contemporaine dans nos mirettes, scrutée d’une manière souvent impressionniste et désenchantée par des réalisateurs aux alentours de la trentaine, tous abreuvés peu ou prou au même cursus mêlant écoles d’art, cinéma ou photographie, et portant sur leurs contemporains le même regard décillé et neuf.
Henner Winckler, découvert en 2002 par Voyage scolaire, propose avec Lucy un film appartenant à la liste déjà chargée des « portraits d’adolescente » (plutôt l’apanage du cinéma dit « social » britannique) et s’en sort plutôt bien. Lucy est le nom de l’enfant que Maggy, une post-ado intelligemment interprétée par la révélation Kim Schnitzer, a eu avec Mike, qu’elle quitte au tout début du film. De leur histoire, on ne saura rien, elle restera tout le temps hors champ, on sait juste que Lucy est le fruit de leurs amours hasardeuses ou, disons, mal négociées ! Le film s’inscrit d’emblée dans la chronique citadine, on suit cette jeune fille dans son quotidien, la crèche, sa mère (chez qui elle vit), ses copines : on est vite frappé par la manière très fine dont Winckler construit ses plans et filme son actrice au plus près, alternant les jeux de focale, créant ainsi une véritable empathie avec le personnage. L’esthétique développée ici s’apparente à un travail de photographie plasticienne, par l’utilisation de filtres et de dilution-flou (mise à l’écart ?) du réel, comme si le réalisateur voulait accentuer la solitude de son héroïne. Maggy se débrouille pour faire garder sa fille et rejoindre ses amies dans une boîte de nuit, où elle tombe sous le charme du serveur. Scène très réussie de la vie ordinaire des adolescents, les rituels de séduction, l’amour naissant. L’une des plus belles réussites du film est toutefois la dissection des rapports mère-fille : Maggy quitte le domicile de sa mère pour s’installer chez Gordon avec Lucy, et occasionne une crise profonde dans l’équilibre quasi domestique qui la lie à sa mère. Toutes les scènes réunissant la mère et la fille sont captées de manière très naturaliste et sans affect, sans privilégier tel ou tel point de vue mais on est saisi par la violence souterraine qui les lie/déchire. Ce cinéma qu’on nous soumet dans ces moments-là est de ceux qui marquent durablement, qui puise – toujours en creux - autant dans les puissances de la vie que du roman sous des atours très « réalistes ». Quelques bémols scénaristiques, cependant : on sent assez vite que l’installation de Maggy chez Gordon a quelque chose d’artificiel, puisque signifiant une fausse autonomie pour Maggy et que cela ne va pas tarder à ne plus tourner rond, argument narratif de la dernière partie du film, peut-être pas le plus réussi. Maggy renoue avec le père de Lucy de manière un peu trop inattendue, après que celui-ci se soit présenté à sa fête d’anniversaire, toujours amoureux d’elle. On aurait aimé un peu plus de trouvailles scénaristiques et de motivation (au sens classique de « motif d’agir ») chez des personnages certes en quête d’eux-mêmes, ce qui aurait peut-être évité cette fin très/trop ouverte, où, en définitive, Maggy se retrouve seule avec elle-même, sans qu’on sache trop bien quelle est la décision prise : rester avec Gordon, s’installer chez les parents de Mike ou revenir chez sa mère. Tout ceci laisse un petit goût d’inachevé, seul bémol d’un film modeste mais très ambitieux quant à ses intentions.
Lucy devrait sortir en France le 19 juillet.
Benoît Hické
[Critique] Règlement de compte à Bamako
ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, Paris Cinema 2006, Abderrahmane Sissako - le 29 juin 2006 à 12h12
J’ai vu hier soir un film admirable. Dur à encaisser certes, surtout le ventre vide, mais solide et très touchant. Bamako s’élabore autour de longs discours sur la situation africaine et la manière dont la Banque mondiale et le FMI imposent aux pays endettés leur fameux « ajustement structurel ». Un procès se joue entre un peuple et une institution, des hommes et un système idéologique omnipotent. Dans cet affrontement, l’enjeu n’est pas seulement de faire comprendre un phénomène trop complexe, trop large pour pouvoir véritablement être discuté de manière approfondie, mais également de se demander comment on peut en parler, avec quels mots, dans quelle langue.
Bamako offre ainsi une étonnante réflexion sur la parole. Le plus clair du temps les discours sont tenus dans une langue savante et abstraite pour traiter les données économiques et politiques du problème, expliquer l’action de la Banque mondiale et ses conséquences, à l’échelle du Mali notamment. D’emblée on ressent une énorme dissonance entre la description du problème et ses données concrètes. Une dissonance d’autant plus grande que c’est tout un système qui s’exprime et s’impose à travers ces mots, que personne n’entend véritablement et qui résonnent sans pour autant faire sens. Comme si cette parole brassant toujours de très larges considérations sur le monde masquait quelque chose de plus diffus et surtout suspect. Parole violente qui n’est plus que l’instrument d’un pouvoir, mais aussi ridicule lorsqu’on entend cet avocat illuminé (c’est-à -dire tout droit venu des Lumières) convoquer les divinités et les figures de la mythologie grecque. L’occident se retrouve face à lui-même dans la personne de ces deux avocats qui défendent tour à tour la Banque mondiale et les Africains, mais il se livre à un dialogue de sourd.
Ailleurs l’échec bien plus éloquent encore que les grands discours : le silence comme symptôme d’un mal si grand qu’il en devient indicible. D’autant plus éloquent qu’il est comme le suggérait Abderrhamane Sissako lors du débat suivant le film le silence du plus grand nombre, analphabète, démuni et agonisant. La majorité silencieuse qui meurt non seulement de maladie mais aussi de désespoir. Qui meurt précisément de ne pouvoir parler et à travers cette parole exister.
Ailleurs encore, au milieu des grands discours articulés, éloquents et très ornés, la parole de ce paysan chantée et désespérée, non traduite (pas besoin), qui dit la douleur, la nécessité à dire et prendre à parti quelqu’un. Nécessité de remettre à sa place la parole par rapport au discours, de faire en sorte que résonne au cœur de cette parole une vérité plus forte et plus intime. La croyance dans cette parole, c’est la croyance dans la possibilité qu’a l’art de s’emparer de ces problèmes, de n’être pas seulement politique mais plus fondamentalement humaniste.
Bamako me rappelle directement L’Esquive. Autre grand film sur le langage, l’invention ou l’Ă©vitement de la parole. Ces films sont trop rares, trop prĂ©cieux pour qu’on passe Ă cĂ´tĂ©. L’Esquive et Bamako sont presque un seul et mĂŞme film car ils disent d’une mĂŞme voix l’oppression et la marginalisation, et la place qu’occupe le langage dans ces processus. Que signifie possĂ©der une langue ? De quelle langue parle-t-on ? Y a-t-il, comme au temps des Conquistadors, une langue du vainqueur, une langue du dominant ? Une langue qui dĂ©possède du monde, mais aussi de l’imaginaire ? Sissako filme une messe catholique servie en anglais par un Africain Ă©vangĂ©lisĂ©… j’ai l’impression que Marx rĂ´de dans ce film, tant est palpable le pouvoir invisible et diffus des idĂ©ologues occidentaux. Ce n’est pas simplement l’opium du peuple, c’est toute la superstructure qui est suggĂ©rĂ©e. Dire ça a quelque chose de dĂ©suet, mais on le sent tout au long du film. C’est lĂ , tout simplement. C’est lĂ et c’est ancrĂ© depuis un siècle, non seulement dans la consience des opprimĂ©s mais dans celle de ceux plus nombreux encore qui conçoivent le capitalisme comme une idĂ©ologie Ă part entière, c’est-Ă -dire une manière de voir et de faire fructifier le monde (considĂ©rer le monde comme fonds*). Mais seulement une des manières possibles. En aucun cas la seule.
Matthieu
*Fonds, c’est le mot qu’utilise Heidegger pour désigner les choses, comme l’énergie et les céréales qui s’accumulent en vue de remplir une fonction à laquelle elles sont commises. L’arraisonnement «est le mode suivant lequel le réel se dévoile comme fonds».
Infos/photos : Hors-competition Ă Cannes ; Les films du losange
Critiques : Le Monde ; Fluctuat ; Arte
Dossier sur la dette du tiers-monde
Critiques de L’Esquive : Liberation ; Objectif cinema
[Vidéo] Déjeuner avec Fanny Valette
ActualitĂ©s, Interview, VidĂ©o, InĂ©dit, Changement d'adresse, Emmanuel Mouret, Fanny Valette - le 23 juin 2006 à 16h04
C’est autour d’un bon hamburger que Cinelogs a rencontrĂ© la dĂ©licieuse Fanny Valette, l’actrice principale de Changement d’adresse d’Emmanuel Mouret. Elle revient dans cette première partie sur sa rencontre avec le rĂ©alisateur et sa perception du personnage qu’elle interprĂ©te dans le film, Julia.
Retrouvez sur Cinelogs la critique du film et sa présentation à la Cinémathèque, lors de son avant-première.
[Critique] “Changement d’adresse”, d’Emmanuel Mouret
ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, Quinzaine des RĂ©alisateurs Cannes 2006, Changement d'adresse, Emmanuel Mouret - le 21 juin 2006 à 16h04
Très vite, dès l’une des premières séquences où se négocie une éventuelle collocation entre une jeune femme et un professeur de cor, le troisième long-métrage écrit, réalisé et interprété par Emmanuel Mouret donne le ton et remporte la mise. Pour faire vite (à l’instar du rythme enlevé du film) on parlera de marivaudage et on accolera tout aussi rapidement le qualificatif rohmérien au film. Pourtant, toute raison gardée, Changement d’adresse fait brièvement davantage penser à Blake Edwards qu’à l’auteur des Contes moraux. Notamment dans une scène burlesque assez réussie où le professeur de cor se retrouve avec le bouton de sa veste coincé dans l’instrument, le tout devant sa jeune élève, bourgeoise timide et « coincée », elle aussi.
© SHELLAC
Il faut ajouter à cela un casting original pour ce film très bien écrit où l’on découvre des comédiens convaincants, Frédérique Bel (accessoirement la blonde de « la Minute Blonde » de Canal Plus ), et Dany Brillant (dans le rôle d’un dragueur professionnel pris à son propre piège) face à la fausse débutante Fanny Valette (nominée pour le César du meilleur espoir féminin pour La Petite Jérusalem de Karin Albou) dans un rôle mutique quelque peu ingrat mais très impressionnante, genre Johnny Depp au féminin. Emmanuel Mouret, acteur, quant à lui, nous propose un cocktail improbable : 15% de Peter Sellers (pour la maladresse et le malaise), un Fernandel light à 40% (pour le physique et l’accent), 20% de Bourvil (pour la naïveté pathologique) et 25% d’Antoine Doinel (pour l’écharpe et la mèche). L’acteur-réalisateur porte la plus grande partie du film sur ses épaules et s’en tire plutôt très bien de ce côté-là . Le film conte l’histoire de David (Emmanuel Mouret), professeur de cor, qui partage l’appartement de Anne (Frédérique Bel), jeune femme très à l’aise, dans son corps, et gentille fille dans le fond. Anne aime le mystérieux Gabriel, qu’on ne verra jamais, et David est amoureux de sa jeune et placide élève Julia (Fanny Valette) qui sous les yeux de David succombera aux assauts de Julien, dragueur quarantenaire (Dany Brillant).
Si les personnages volontairement stéréotypés entraînent quelque peu le scénario vers des chemins parfois un peu trop prévisibles, cette attente non-déjouée participe au plaisir indéniable que procure le film. Cette réserve formulée, c’est sans aucune nostalgie et libéré de tout complexe, que Changement d’adresse explore le registre délicat de la comédie sentimentale, genre dont les réussites récentes (mis à part Gentille de Sophie Fillières) sont à chercher outre-atlantique avec Terrain d’entente des frères Farrelly ou 40 ans, toujours puceau de Judd Apatow.
Nicolas Richard
Le site officiel ; L’Ă©quipe ; Les photos
Critique : Le Monde
[Critique] “Paris je t’aime”, un film collectif
ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, Un Certain Regard 2006, Paris je t'aime - le 21 juin 2006 à 13h01
Paris je t’aime sort enfin en salles, au terme d’une production très longue, bricolée du début jusqu’à la fin, et longtemps incertaine. C’est dire que le film est le résultat d’une volonté de fer, d’un désir de mener à bien un projet, de défendre une idée. Mais quelle idée au juste ? Celle d’une fresque amoureuse à Paris ? D’histoires signées par de grand noms dans des lieux déjà saturés de romantisme et d’aventures ? En gros oui. L’idée, c’est donc ça, vendre clé en main une sorte de programme qui par sa nature même s’impose au monde entier : destination Paris, avec de belles images et de belles histoires. Destination Paris, vous allez voir du paysage, vous allez voir des têtes, vous allez voir des aventures. Paris je t’aime s’envisage donc essentiellement comme un programme touristique. Et autant dire que le tour, une fois le billet acheté, se fait à cent à l’heure : les histoires s’empilent les unes sur les autres, s’achèvent aussi vite qu’elles ont commencé, sans qu’on prenne vraiment le temps de goûter à l’aventure, d’en cerner toute la mesure. On voit tout, mais rien n’a véritablement de saveur – pas le temps, pas de goût – du coup on ne voit rien, ou plus. Forcément on s’ennuie. On regarde entre les histoires, un peu comme dans un bus pour aller d’un point à un autre, on perd son regard dans le vague, en s’arrêtant sur des détails qui, l’instant d’après, n’ont plus d’importance. Le programme mentait, nous vendait ce qu’on imaginait, ce qu’on voulait imaginer, mais le film lui n’est ni inspiré, ni même imaginatif.
                                           
Restent, au-delà des histoires incompréhensibles (le Christopher Doyle), des films laids et ridicules (Le Vincenzo Natali n’est pas mal dans le genre), des acteurs qui, un peu perdus dans ce grand flot d’histoires courtes, tiennent bon. C’est d’ailleurs étonnant de voir à quel point, quand tout s’effondre – les images qu’on accélère comme pour mieux raconter (Tom Tykwer), des scénarios quasi inexistants qui s’affalent d’eux-mêmes (Alfonso Cuaron) – eux seuls demeurent. Ben Gazzara et Gena Rowlands (dans le beau Quartier Latin de Frédéric Auburtin et Gérard Depardieu), Juliette Binoche (dont le jeu introduit une vraie rupture dans le film, à tel point elle habite le plan et parvient à toucher), Steve Buscemi et enfin Maggie Gyllenhaal qui donne toujours cette impression de mollesse, de douceur et de tristesse (dans le film d’Assayas, habile et très tenu). Quand tout s’effondre reste le jeu, des corps qui n’ont besoin de rien finalement pour exister (pas même de leur légende), qui se contentent d’être dans le plan et de jouer le jeu.
Matthieu
Infos, photos : Paris je t’aime, le wiki (synopsis et crĂ©dits) ; Nathalie Portman
Critiques : Libération ; Le Monde (sur la sortie mouvementée du film) ; Telerama
[VidĂ©o] PrĂ©sentation de “Changement d’adresse” d’Emmanuel Mouret, le dernier film du “fils d’Eric Rohmer et de Fernandel”…
VidĂ©o, Quinzaine des RĂ©alisateurs Cannes 2006, Changement d'adresse, Emmanuel Mouret - le 21 juin 2006 à 13h01
Changement d’adresse est un film qui sort aujourd’hui - 21 juin - en salles et qui retrace sur un ton burlesque et lĂ©ger les pĂ©rigrinations amoureuses d’un jeune homme. C’est le troisième film d’Emmanuel Mouret, après notamment le subtil et irrĂ©sistible “VĂ©nus et Fleur”.
La vidĂ©o que nous vous proposons a Ă©tĂ© tournĂ©e lors de la projection du film en avant-première Ă la CinĂ©mathèque française et vous pourrez entendre au dĂ©but de cette prĂ©sentation l’appel de son directeur Serge Toubiana Ă envoyer tous les Ă©lĂ©ments qui peuvent nourrir ce musĂ©e vivant du cinĂ©ma !
C’est cependant le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la Quinzaine des rĂ©alisateurs, Olivier Père, qui prĂ©sente le film. Rien d’Ă©tonnant, le film Ă©tait sĂ©lectionnĂ© cette annĂ©e.
Emmanuel Mouret est entourĂ© dans le film de deux charmantes actrices, FrĂ©dĂ©rique Bel et Fanny Valette. Vous pourrez très prochainement retrouver l’interview de Fanny Valette sur cinelogs, mais vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ consulter la critique du film par Nicolas.
[Vidéo] Shalimar Preuss - Exposition Panorama 7, au Fresnoy
VidĂ©o, Le Fresnoy, Panorama 7, Shalimar Preuss, Art contemporain, VidĂ©aste - le 16 juin 2006 à 01h01
Studio National des arts contemporains, Le Fresnoy est un centre de crĂ©ation et d’exposition qui soutient les artistes non seulement en produisant leur oeuvres, mais Ă©galement en offrant les conseils avisĂ©s d’artistes de renommĂ©e internationale tels que Gary Hill, Bruno Dumont ou encore Andrea Cera.
Panorama est un rendez-vous annuel prĂ©sentant l’ensemble des productions du Fresnoy au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e. Cette manifestation propose au public de la crĂ©ation contemporaine ainsi qu’aux professionnels, aussi bien des oeuvres destinĂ©es aux espaces d’exposition que des films et des vidĂ©os, ou des spectacles vivants (théâtre, danse, performances).
De passage pour l’exposition Panorama 7, j’ai choisi de m’intĂ©resser essentiellement Ă l’installation de Shalimar Preuss, Les Loups.
La vidĂ©o que vous pouvez consulter sur cinelogs comporte nĂ©anmoins deux plans : au premier, l’installation de Shalimar, au second l’installation de Cyprien Quairiat - Salle d’attente. Chacune des installations renvoie de façon nĂ©cessairement arbitraire et caricaturale Ă un Ă©tat de l’art contemporain et aux conditions de sa rĂ©ception.
Les Loups de Shalimar Preuss invite Ă une expĂ©rience intime et mystĂ©rieuse, faite d’apparitions, d’images tremblantes et de visages Ă©bahis. Le film se construit Ă la fois sur le champ (une jeune femme flotte comme en apesanteur, Ă©clairĂ©e par instants Ă l’allumette) et le hors-champ (l’objet de la crainte ou de la fascination, de la jeune fille). Le dĂ©sir trouve ainsi dans la peur son contrepoint idĂ©al, et ne cesse ainsi de grandir.
PrĂ©sentation de l’installation (extraite du catalogue de Panorama 7)
La traversĂ©e d’une forĂŞt oĂą se croisent et se dĂ©croisent les pâles rayons de lune.
Une jeune femme qui Ă©loigne les loups Ă coups d’allumettes.
Prendre appui sur la continuitĂ© du son pour avancer Ă bâtons rompus Ă l’image. Cette avancĂ©e sera cadencĂ©e en un accord parfait avec la respiration de la comĂ©dienne. Seule certitude quant au rĂ©sultat : cette action du souffle sur la cadence des images.
Et pour le reste : fouiller l’intervalle, l’abĂ®me, le battement, le blanc. Endurer. Et faire durer la turbulence, les cahots. S’arroger toute solution de continuitĂ©, suspension, ou temps d’arrĂŞt. Le mouvement comme substance Ă stroboscoper : “We must be still and still moving” (TS Eliot, Four Quartets).
De translation en translation, cĂ©der Ă la transformation en “des successions de catatonies et de prĂ©cipitations, de suspens et de flèches, des coexistences de vitesses variables, des blocs de devenir, des sauts par-dessus des vides, des dĂ©placements d’un centre de gravitĂ© sur une ligne abstraite, des conjonctions de lignes sur un plan d’immanence” (Deleuze et Parnet, Dialogues).
Jusqu’Ă Ă©puisement ou rĂ©gĂ©nĂ©ration des images (fixes ou mouvantes ?), et en tous les cas : “Plus de formes mais des rapports cinĂ©matiques entre des Ă©lĂ©ments non formĂ©s” (Deleuze et Parnet, ibid).
Matthieu
PS : vous trouverez Ă©galement une autre critique dans L’humanitĂ©
[VidĂ©o] Entretien avec Jean-Charles Fitoussi Ă l’occasion de la projection de son dernier film Ă la CinĂ©mathèque 4/4
Interview, Film de poche, VidĂ©o, InĂ©dit, Nocturnes pour le roi de Rome, Jean-Charles Fitoussi - le 14 juin 2006 à 10h10
Nocturnes pour le roi de Rome a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du festival Pocket films avec un Nokia 6630. Il s’agit du premier long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© avec un tĂ©lĂ©phone portable.
Auteur de plusieurs courts-mĂ©trages, notamment Le Dieu Saturne et d’un long-mĂ©trage remarquĂ© Les jours oĂą je n’existe pas, Jean-Charles Fitoussi signe avec Nocturnes son premier film en vidĂ©o. Il revient dans cet entretien sur les particularitĂ©s de l’image obtenue avec le tĂ©lĂ©phone mobile, sur ses paradoxes et ce qu’elle induit en terme de mĂ©thode de crĂ©ation et de production.
Au fil du dialogue s’esquisse la possibilitĂ© de faire des films autrement, sans plans prĂ©-Ă©tablis et pour tout dire avec les moyens du bord. Mais des films qui tiennent le coup, qui comme celui de Jean-Charles Fitoussi attestent d’une rĂ©elle ambition et d’un rĂ©el appĂ©tit pour ces images brutes et primitives. Ce film montre la voie, tout simplement. C’est la raison pour laquelle il nous paraĂ®t utile de revenir sur lui, sur son histoire et ses conditions de crĂ©ation, de manière Ă mieux cerner les possibilitĂ©s d’un cinĂ©ma de poche. Pas un cinĂ©ma gadget mais un cinĂ©ma bricolĂ©, improvisĂ© du dĂ©but Ă la fin, avec des images du quotidien et de l’intime, des images proches, Ă portĂ©e de la main ou plutĂ´t engendrĂ©es par et dans la main. C’est le retour au geste initial, Ă l’immĂ©diatetĂ© du mouvement de la main et de l’oeil. La main de l’oeil, c’est ça l’idĂ©e.
NOCTURNES POUR LE ROI DE ROME de Jean-Charles Fitoussi (1h17)
lundi 12 Juin à 19h30 salle Franju, Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, Paris 12
SYNOPSIS : Un vieux compositeur allemand est reçu à Rome, appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart, les dernières joies de sa vie - qu’il a tant aimée malgré les intempéries.
Les critiques :
Le Monde ; Variety ; Fluctuat ; Films de poche ; Cinelogs ; Cinelogs (anglais)
Retrouvez le programme de la retrospective des films de la Semaine de la critique
… et toutes les interviews et vidĂ©os consacrĂ©es de Jean-Charles Fitoussi sur Cinelogs
[VidĂ©o] Entretien avec Jean-Charles Fitoussi Ă l’occasion de la projection de son dernier film Ă la CinĂ©mathèque 3/4
Interview, Film de poche, VidĂ©o, InĂ©dit, Nocturnes pour le roi de Rome, Jean-Charles Fitoussi - le 13 juin 2006 à 13h01
Nocturnes pour le roi de Rome a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du festival Pocket films avec un Nokia 6630. Il s’agit du premier long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© avec un tĂ©lĂ©phone portable.
Auteur de plusieurs courts-mĂ©trages, notamment Le Dieu Saturne et d’un long-mĂ©trage remarquĂ© Les jours oĂą je n’existe pas, Jean-Charles Fitoussi signe avec Nocturnes son premier film en vidĂ©o. Il revient dans cet entretien sur les particularitĂ©s de l’image obtenue avec le tĂ©lĂ©phone mobile, sur ses paradoxes et ce qu’elle induit en terme de mĂ©thode de crĂ©ation et de production.
Au fil du dialogue s’esquisse la possibilitĂ© de faire des films autrement, sans plans prĂ©-Ă©tablis et pour tout dire avec les moyens du bord. Mais des films qui tiennent le coup, qui comme celui de Jean-Charles Fitoussi attestent d’une rĂ©elle ambition et d’un rĂ©el appĂ©tit pour ces images brutes et primitives. Ce film montre la voie, tout simplement. C’est la raison pour laquelle il nous paraĂ®t utile de revenir sur lui, sur son histoire et ses conditions de crĂ©ation, de manière Ă mieux cerner les possibilitĂ©s d’un cinĂ©ma de poche. Pas un cinĂ©ma gadget mais un cinĂ©ma bricolĂ©, improvisĂ© du dĂ©but Ă la fin, avec des images du quotidien et de l’intime, des images proches, Ă portĂ©e de la main ou plutĂ´t engendrĂ©es par et dans la main. C’est le retour au geste initial, Ă l’immĂ©diatetĂ© du mouvement de la main et de l’oeil. La main de l’oeil, c’est ça l’idĂ©e.
NOCTURNES POUR LE ROI DE ROME de Jean-Charles Fitoussi (1h17)
lundi 12 juin à 19h30 salle Franju, Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy, Paris 12
SYNOPSIS : Un vieux compositeur allemand est reçu à Rome, appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart, les dernières joies de sa vie - qu’il a tant aimée malgré les intempéries.
Les critiques :
Le Monde ; Variety ; Fluctuat ; Films de poche ; Cinelogs ; Cinelogs (anglais)
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