Accueil Vidéos Critiques À propos Contacts english
Forum Moblog

Il faut dĂ©jĂ  revenir sur Antoinette et son acceuil critique. Un critique de Variety compare le film Ă  un bonbon, tandis que chez libĂ©ration Azoury ne se mouille pas trop, choisissant de tourner autour du pot et de relever quelques motifs rĂ©currents d’un film de Sofia Ă  l’autre (la jeune fille triste qu’elle n’a jamais cessĂ© d’ĂŞtre). Tout le monde reprend ce faux dĂ©bat sur l’histoire, dĂ©bat initiĂ© par Sofia elle-mĂŞme qui - craignant d’emblĂ©e un mauvais acceuil - avait prĂ©venu que le film gĂŞnerait sans doute les français, peu disposĂ©s Ă  voir leur histoire revue et corrigĂ©e par un Ă©tranger. Ce dĂ©bat sur l’histoire n’a pas lieu d’ĂŞtre our la simple raison qu’il n’a jamais Ă©tĂ© question d’histoire, que le film entier est conçu comme une succession de pastilles mulitcolores dĂ©tachĂ©es de leur contexte historique. Il tĂ©moigne en revanche d’une belle lâchetĂ© de la part de sofia, qui voit un problème lĂ  oĂą il n’y en a pas. On ne lui reprochera jamais son inculture, cela n’est pas la question.

Protestation donc contre l’acceuil mou et bienveillant des critiques ayant vus le film avant Cannes, contre les textes mi-lard mi-cochon qui foisonnent aujourd’hui pour seulement compter les points, Ă©voquer les arguments pour contre, pour rien. Protestation contre le tiĂ©deur qu’inspire ce film, et avant lui dans une certaine mesure Lost in translation. L’heure n’est plus Ă  la tiĂ©deur, mĂŞme si ce cinĂ©ma en produit naturellement. Il faut prendre le film et le prendre au sĂ©rieux, pas nĂ©cĂ©ssairement au premier degrĂ© (le quotidien pastel d’une princesse insouciante et rieuse), ni au second (le huis-clos, la solitude dorĂ©e, la dissonance qui pointe le bout de son nez). Rien, absolument rien ne peut quelque soit le degrĂ© d’interprĂ©tation jouer en faveur de ce film (un plan de dĂ©, une scène d’opĂ©ra ?…non), car il est dans son fond le dernier degrĂ© du cinĂ©ma subtile, le stade ultime d’un cinĂ©ma qui subtilise non plus un Ă©cran Ă  un autre, mais bien l’Ă©cran Ă  la fenĂŞtre, qui littĂ©ralement fait Ă©cran, s’envisage comme une suite de beau panneaux jouant comme autant de caches misère. Le cinĂ©ma de Sofia est un cinĂ©ma d’imagerie, vidĂ© de sa substance, sans chair ni âme, qui ne sait plus trop comment traiter l’image, et finalement la travestit faute de pouvoir l’habiter. Un cinĂ©ma de poupĂ©es - oui comme Ken et Barbie - qui ne rĂ©fĂ©re Ă  rien d’autre qu’Ă  un univers synthètique au moyen d’une forme Ă©galement synthètique, c’est Ă  dire fabriquĂ©e et empruntĂ©e. C’est bien pour cela que d’autres la chantent, pour cette aptitude Ă  assumer ce cĂ´tĂ© plastique trĂ©s post-moderne, Ă  aller jusqu’au bout de son idĂ©e toujours fixe, immobile et quelque part sinistre. Oui le cinĂ©ma de Sofia est un symptĂ´me. C’est pour ça qu’il plaĂ®t, c’est pour ça qu’il m’inquiète.
Matthieu Chéreau

Un commentaire pour “Le cinĂ©ma de Sofia”

Laissez un commentaire

Parrainage :

Horrific XSLT error - wikio_cannes returned empty - verify /home/.cudbear/kdrouvin/www/fr/wp-content/in_wikio_cannes.xml is a valid XML file and check logs.
-->