Marie-Antoinette, de Sofia Coppola
ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, CompĂ©tition officielle Cannes 2006, Sofia Coppola, Marie-Antoinette - le 24 mai 2006 à 21h09
Le premier plan rappelle la bande annonce. Le parti pris on le connaĂ®t, le titre rose fluo, new order et companie, bref une esthĂ©tique pop seventies pour dĂ©crire cette chronique de fin de règne. Pourquoi pas. C’est plutĂ´t agrĂ©able d’ailleurs, et rend les scènes gaies et entraĂ®nantes. Mais Ă force cette mĂ©thode tape sur le système et masquer mal la pauvretĂ© exaspĂ©rante du film tout entier. La recette est simple : une scène d’information (elle se marie, elle accouche une première fois, elle prend un amant, elle accouche une seconde fois, etc.) pour deux ou trois scènes musicales, oĂą l’on observe Toinette virvolter et jouir de tous les menus plaisirs qui font son quotidien. La recette est indigeste Ă un tel point que c’en est surprenant. Plan pastels de souliers, de gateaux, de tissus, plans de frimousses roses et soldats scandinaves…c’est un peu ken et barbie, sofia qui fait mumuse Ă ken et barbie, complĂ©tement. Sofia qui habille barbie, la fait danser, et barbie ne s’en porte pas plus mal, qui se fout de tout le reste. Barbie colle complĂ©tement au cinĂ©ma de Sofia, qui dĂ©voile un peu de son jeu et signe avec ce film le manifeste qu’on attendait d’elle pour un cinĂ©ma en plastique, qui ne parle de rien, qui n’est jamais qu’en surface et qui se caractĂ©rise en dernier ressort par son aspect synthĂ©tique et affectĂ©. Et je suis gentil !
Matthieu Chereau



