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Pingpong

Les films allemands cette annĂ©e sont d’excellente qualitĂ© et nombreux Ă©taient ceux qui, parmi les premiers et seconds films, avaient leur place Ă  Cannes. Ping-Pong Ă  la Semaine, Sommer 04 An Der Schlei Ă  la Quinzaine permettent de se faire une idĂ©e assez prĂ©cise de ce cinĂ©ma. Image froide et Ă©lĂ©gante, rythme tenu, mise en scène trĂ©s discrète, personnages structurĂ©s mais complexes, ce cinĂ©ma investi l’univers bourgeois afin de mettre au jour Ă  la fois sa douceur et sa duplicitĂ©. L’adultaire n’est jamais loin, et presque naturel. Tout se passe sans heurt, il n’y a pas de crise. Les mots sont dits simplement, si bien qu’on sent parfois un profond hiatus entre les faits et la manière dont ils sont nommĂ©s et vĂ©cus. Rien n’est grave, ou la gravetĂ© n’est saisie qu’Ă  distance. C’est ce calme qui frappe, cette forme trĂ©s sereine appliquĂ©e Ă  un fond anxieux et momentanĂ©ment troublĂ©. Cette sauce prend trĂ©s bien et constitue, d’un film Ă  l’autre, l’un des traits caractĂ©ristique de ce cinĂ©ma allemand.

Matthieu Chereau

2 commentaires pour “Pingpong, de Matthias Luthardt et Sommer 04 An Der Schlei, de Stefan Krohmer”

  • Cinelogs » Blog Archive » Sehnsucht, prĂ©cis de mĂ©lancolie dit :

    Ecrit le 30 juin 2006 à 18:39

    […] PrĂ©sentĂ© dans le cadre des Rencontres du cinĂ©ma - la compĂ©tition officielle de Paris Cinema, Sehnsucht retrace les aventures d’un homme tiraillĂ© entre sa femme et son amante. Cela paraĂ®t bĂŞte dit comme ça, un peu bateau mĂŞme, et ça l’est. Tout la subtilitĂ© du film rĂ©side dans le traitement de cette histoire commune, dans la manière trĂ©s douce, trĂ©s gĂ©nĂ©reuse avec laquelle est filmĂ©e la rencontre avec l’amante par exemple. Ce qui n’Ă©tait qu’un vulgaire adultaire de campagne se transforme en une jolie rencontre : deux personnes se dĂ©couvrent, se fascinent l’une l’autre comme si c’Ă©tait la première fois. Et Dieu sait qu’il est difficile de filmer des premières fois, parce qu’il y a le souvenir et qu’il est plus grand que l’image. Autre petit morceau de bravoure : filmer la confiance. Celle qui se donne, qui se cherche dans le regard de l’autre, se rĂ©clame ou se perd. Tout ça dans un regard qui varie selon les cas, change imperceptiblement d’air ou de destination. Il s’ancre dans celui de l’autre ou plonge dans le vide. Le film parle de toutes ces petites choses d’une façon  attentive et je le rĂ©pĂ©te trĂ©s douce. Et l’on ne s’attend pas au dĂ©but Ă  tant de douceur de la part de ce film de prime abord brut, rĂŞche, presque naturaliste. Du Dumont en douceur, en moins implacable, en plus attentif. Ici on va Ă©couter pas illustrer, on va regarder comment les corps rĂ©agissent, comment ils hĂ©sitent, ce qui recquiert non seulement de l’observation mais aussi une belle empathie. C’est ça la pâte de ces nouveaux rĂ©alisateurs allemands : un regard prĂ©cis, presque scientifique, servi par une forme trĂ©s maĂ®trisĂ©e et une photo souvent un peu pâle. Sehnsucht prend le meilleur de cette tendance, sans pour autant verser dans le film tiède et habile. La mĂ©lancolie qui plane sur tout le film est tout sauf tiède. Elle est dure et tendre Ă  la fois, pas trop complaisante, bref agrĂ©able et inspirante. […]

  • Cinelogs » Blog Archive » [Critique] Lucy de Henner Winckler dit :

    Ecrit le 30 juin 2006 à 18:42

    […] Les films allemands Ă  Cannes […]

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