J’hĂ©site Ă parler du film. Pourquoi en dire du mal ? Simplement parce qu’il n’a pas sa place en compĂ©tition officielle, et que ce seul fait mĂ©rite d’ĂȘtre relevĂ©. Le film fonctionne comme une grande galerie de portraits dans laquelle chacun joue son petit rĂŽle. Il s’articule sur une ou deux idĂ©es, notamment la lĂ©gende d’un homme qui jadis parti seul pour rejoindre le pĂŽle nord. Pourquoi cette fuite, cette course Ă la solitude ? MystĂšre. Mais un mystĂšre pas extrĂȘmement Ă©pais et dont on se lasse vite. Oui la solitude est hĂ©sitante, oui elle est dure, oui elle est misĂ©rable, mais ces vies Ă©parpillĂ©es sont elles-mĂȘme bien fragiles et manquent parfois de consistance, d’existence. Ces solitudes n’existent pas pour la simple raison que les personnages se contentent de jouer leur texte. Le film se dĂ©roule bien sagement, chacun tenant sa partie et n’en faisant jamais trop. Film appliquĂ©, et pourrait-on dire presque institutionnel. D’oĂč sa production, sa sĂ©lĂ©ction Ă Cannes, d’oĂč sa pub, etc. etc. Un cinĂ©ma institutionnel, dont on aurait presque Ă rougir Cannes, tant il concentre les grands travers du cinĂ©ma français. Sur l’affiche d’OSS 117 Ă Cannes : “He is so french !”.
Matthieu Chereau



