J’ai une vision parcellaire du film, du moins de la première moitiĂ©, car autant le dire tout de suite j’ai un peu sommeillĂ©. Donc une trame simple, le cadre amĂ©ricain moyen d’un cĂ´tĂ©, avec sa fonction au sein de l’entreprise, le langage technique et lisse qui va avec ; et les Mexicains fraĂ®chement Ă©migrĂ©s de l’autre, pauvres, exploitĂ©s, immĂ©diatement incorporĂ©s par le système capitaliste, et affectĂ©s aux tâches les plus ingrates. Des petites saynètes de la vie quotidienne de ces gens-lĂ , duretĂ© de la vie des Mexicains, drĂ´lerie un peu dissonante du cadre amĂ©ricain empĂŞtrĂ© dans ses petites certitudes et sa petite morale. Il va dĂ©couvrir un monde dont il ne soupçonnait jusqu’ici pas l’existence. Il s’aperçoit que dans les burgers dont il fait la pub, il y a de la crotte. Fast Food Nation lève le voile sur les processus très rationnels qui amènent Ă produire et commercialiser cette crotte. Evidemment, la posture du provocateur, qui fait rire et gĂŞne en mĂŞme temps. Mais on est un peu gĂŞnĂ© tout de mĂŞme, face Ă ce film abrasif mais pas trop, par moment trash (il faut bien choquer le bourgeois) mais presque toujours mainstream. Bref, je doute qu’on se souvienne de ce cĂ´tĂ© de l’Atlantique de ce film, trop tempĂ©rĂ© et tiède pour vĂ©ritablement atteindre sa cible.
Matthieu



